Guide du colloque de La Rochelle

L'Apel a organisé le colloque "Intelligences mode d'emploi" le 28 mars 2015 à La Rochelle. Retrouvez dans ce guide des questions de parents et les réponses de nos experts. Voici quelques extraits :

 

Mon enfant a une intelligence interpersonnelle mais n’est pas très scolaire. Que faire ?

La réponse de Gervais Sirois

" Un enfant qui a une intelligence interpersonnelle adore être avec les autres. Il sera plus heureux avec une forme d’enseignement coopératif que dans une classe où il ne pourra pas s’exprimer et où il n’aura pas le droit de bouger. Cependant, il n’y a pas de lien entre cette forme d’intelligence et le fait de ne pas être scolaire. Les adultes qui l’entourent doivent s’interroger. D’où vient son désintérêt pour l’école ? La curiosité, la découverte sont elles suffisamment stimulées dans son milieu familial ? Quelle est son histoire personnelle ? En classe, lui propose-t-on de faire les choses comme il aime les faire ? "

Mon fils en seconde ne travaille pas assez et se contente du minimum. Comment le motiver davantage ?

La réponse de Gervais Sirois

« Il est inutile de tirer sur la tige d’une fleur pour qu’elle pousse plus rapidement. Si on ne 
peut pas forcer l’évolution, on peut créer des conditions favorables qui permettront ensuite d’activer les différentes formes d’intelligence. La motivation est l’une de ces conditions. Cela n’a rien à voir avec la capacité ou non d’apprendre. L’absence de motivation est souvent 
à chercher du côté d’expériences négatives et anxiogènes vécues à l’école, avec des camarades ou en famille (une séparation difficile entre les parents, par exemple). La peur d’apprendre peut s’installer et l’on sait bien que le stress ou l’anxiété sont des obstacles 
à l’utilisation de nos capacités intellectuelles. Les parents sont bien sûr une source de motivation et de confiance. Le dialogue avec son enfant est alors très important, à condition que les reproches, les disputes ne prennent pas le dessus car ils ferment la porte à toute discussion. De leur côté, les enseignants peuvent créer des systèmes plus engageants et plus responsabilisants pour les élèves."

Mon enfant a du mal à mémoriser une leçon, une poésie... Comment l'aider ?

La réponse d'Alain Lieury

Ce sont les mémoires lexicales et sémantiques, découvertes dans les années 70
qui créent le sens et permettent d’enregistrer. La mémoire lexicale va fabriquer la carrosserie du mot, la mémoire sémantique va enregistrer le sens. L’impression d’avoir une mémoire “visuelle” vient d’une autre mémoire, mémoire imagée; mais elle n’est pas “photographique”, c’est de la synthèse d’image.

Pour apprendre une poésie, il faut d’abord en comprendre le sens, expliquer les mots, puis apprendre par cœur, par petites parties. L’enfant récite à voix haute ou
à voix basse, en se promenant ou en restant assis, mais surtout sans fond sonore comme la télévision.
La mémoire, c’est comme le saut à la perche, il faut l’entraîner, pratiquer et recommencer. Certains enfants apprennent plus vite que d’autres, mais seule la répétition permet d’enregistrer. Il ne faut surtout pas se décourager.
Pour une leçon, en histoire par exemple, il est essentiel de reformuler, de privilégier le sens et la compréhension. N’hésitez pas à poser des questions, à inviter l’enfant à reformuler avec ses mots, puis à revenir au texte initial. Je conseille aussi de réaliser un petit lexique de mots à apprendre par cœur pour enrichir et développer son vocabulaire.

Adopter, par exemple, des stratégies d’évaluation différentes où les élèves sont évalués lorsqu’ils sont prêts afin de leur éviter l’échec à répétition. C’est la réussite qui favorise la motivation et non l’inverse. Prendre le temps de trouver avec le jeune le bon rythme d’apprentissage, les méthodes de travail adaptées. Accepter de changer son regard et de faire autrement. Aider les élèves à se projeter dans l’avenir et leur donner l’espoir d’avancer. La motivation doit tout prendre en compte : ce qui s’est passé, se passe et se passera.

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