Bien se préparer aux épreuves du bac

Votre enfant est en 1re ou en terminale avec le bac en ligne de mire. Comment lui permettre de relever le défi ? Quels conseils lui donner pour que cette année, vécue comme un peu angoissante par beaucoup d’élèves, se passe dans les meilleures conditions ?
 Brigitte Prot, psychopédagogue, enseignante et formatrice auteure de la méthode Bilan et itinéraire de motivation et d'orientation, vous livre ses astuces.


Aidez votre enfant à s’organiser

Les neurosciences l’ont démontré : le cerveau aime les rituels et la régularité. L’idéal serait donc que votre enfant se mette chaque soir à travailler au même moment – pendant un créneau de deux heures environ – qu’il se sera fixé en début d’année. De nombreux pensionnaires, obligés de respecter les heures d’étude dirigée qui leur sont imposées par leur établissement, plébiscitent cette manière de procéder. Deuxième bon réflexe, cette fois pour améliorer la concentration : avant de commencer, il opère un découpage de ces deux heures. Il détermine, par avance, le temps qu’il accordera à chaque matière (30 minutes pour le français, 45 pour les maths...), en s’efforçant toujours de s’y tenir. Pour bien mesurer le temps qui s’écoule, rien de tel qu’une montre avec cadran à aiguilles, beaucoup plus pratique que la montre à affichage digital. Mais pour travailler de manière efficace, encore faut-il s’appuyer sur de bons supports. En première et en terminale, la fiche de synthèse est incontournable, à une condition toutefois : qu’elle soit vraiment le squelette du chapitre, avec une information digérée, et non sa copie conforme. Autre très bon outil : la carte mentale. En donnant une représentation visuelle de l’information, elle permet d’organiser ses idées. Votre enfant peut utiliser le même code couleur (les titres des grandes parties en rouge, les sous-parties en vert, etc.), à la fois lors de sa prise de notes en cours, pour sa fiche de synthèse, puis pour sa carte mentale. Ses connaissances n’en seront que plus structurées. 

Renforcez sa confiance en lui

Aujourd’hui, dans nombre de familles, on suit au jour le jour l’évolution des notes sur Internet. Cette pratique peut être génératrice d’angoisse pour certains élèves. En effet, plus un lycéen sentira l’inquiétude de ses parents et plus, lui-même, risque de stresser. Conséquence : il faut dédramatiser le moment des évaluations. L’autre clé, c’est l’entraînement. Encouragez votre enfant à multiplier les exercices, à travailler sur des sujets d’annales corrigées, tout au long de l’année. À force de s’y confronter, il acquerra des connaissances, mais aussi des techniques, des méthodes, des stratégies d’apprentissage. Sa confiance en lui n’en sera alors que meilleure. Le travail en équipe est également à privilégier. Les jeunes sont de plus en plus en demande d’interaction. Un élève, seul, a beaucoup de mal à s’auto-évaluer. Il achève souvent un chapitre sans vrai- ment être sûr de ce qu’il sait. À deux, au contraire, pour peu qu’on ait bien choisi son binôme, on peut s’interroger mutuellement, imaginer des questions. Finalement, on se sent sécurisé et d’autant plus à l’aise le jour du contrôle. 

Redonnez-lui de la motivation

Un jeune a besoin de sens. Il doit comprendre vers quoi il se projette, pourquoi il travaille. En première, en terminale, il est donc plus que jamais d’actualité d’accompagner son enfant à construire son projet d’orientation (stages, tutorat, implication dans une association, dialogue avec d’autres adultes, jobs de vacances...) pour déterminer un cap, un objectif à atteindre. Pour autant, cela peut ne pas suffire pour certains jeunes et un bilan d’orientation sera nécessaire pour avoir une meilleure connaissance de soi et s’ouvrir à des pistes encore inexplorées. N’oublions pas que l’une des sources de motivation essentielle, c’est la confiance que l’on porte en son enfant ainsi que la valorisation de ses compétences et qualités. Dès cette rentrée encouragez-le !

Au secours ! Ils ne sont pas motivés

Il y a le lycéen qui, de lui-même, va établir le lien entre le bac qu’il est en train de préparer et son projet, et donc qui se mettra au travail sans qu’on soit obligé de l’y pousser. A contrario, il y a celui qui n’a pas acquis cette maturité et qui aura besoin qu'on lui fournisse un cadre. Pour certains, ce sera l’internat ; pour d’autres, un professeur particulier qui vient les accompagner plusieurs fois par semaine ; pour d’autres encore, les heures d’étude dirigée ou d’accompagnement personnalisé proposées par le lycée. L’important, pour ces élèves, c’est qu’ils ne se retrouvent pas seuls face à la tâche à accomplir. Pour ceux-là, d’ailleurs, il est inutile que leurs parents dépensent de l’énergie à répéter : « Travaille ! Travaille ! » Cette attitude risque même d’être contre-productive en inhibant encore davantage la motivation de leur enfant, puisque certains y trouveront une bonne raison de s’opposer au désir parental. 

Incitez-le à se cultiver

Les jeunes doivent le savoir : à l’heure où il est devenu tellement facile d’accéder à la connaissance grâce à Internet, jamais la demande d’une solide culture générale n’a été aussi forte. Une copie au bac a d’autant plus de chance d’émerger du lot que le correcteur y trouvera des références culturelles pertinentes. Dans le supérieur, les écoles – toutes spécialités confondues – en font de plus en plus un critère de sélection. Or, pour entrer dans la culture, encore faut-il la rencontrer. À la maison, on peut laisser traîner des livres, des journaux, des magazines. Sans qu’il soit obligé de les lire, votre enfant aura au moins la possibilité de les parcourir s’il en a envie. À défaut d’avoir les moyens de lui en proposer, on pourra toujours l’encourager à se rendre à la médiathèque. Autre bon réflexe si l’on veut lui permettre d’étayer sa réflexion lors d’un oral ou d’une dissertation : faire avec lui une expérience culturelle. Ce peut être l’emmener voir une pièce de théâtre qui soit, par exemple, en lien avec une œuvre étudiée en classe mais également un film, une exposition, ou faire une visite, dont on discutera, ensuite, en famille.

Lise Dupas