Que font-ils sur Internet ?

Réponse de Jérôme Clauzure, cofondateur d’iXone-Avenir numérique, un accélérateur de vos usages numériques.

Deux tendances se dégagent des observatoires menés par Avenir numérique auprès de 850 collégiens de la 6e à la 4e. La première, c’est l’utilisation d’outils de communication et d’expression que sont Snapchat, WhatsApp et Instagram. Grâce aux deux premiers, les jeunes échangent des photos, vidéos et textes dans une communication instantanée. Instagram est, lui, un outil de créativité, un espace d’expression et de reconnaissance dans la sphère Internet.

La deuxième tendance, c’est l’utilisation de la vidéo comme référentiel de découverte et d’apprentissage. La vidéo est un média très reconnu par les jeunes et les Youtubers sont considérés comme des personnes de confiance qui transmettent un savoir.

À partir de ces deux tendances, on discerne deux axes d’éducation numérique. Le premier, c’est quels usages et quelles utilisations des mots et des images sur Internet ? Il faut apprendre aux jeunes à protéger leurs données sur Internet. Si beaucoup (95 %) savent ce qu’est le droit à l’image et que n’importe qui ne peut pas les prendre en photo et utiliser leur image, ils sont aussi très nombreux à poster des photos et des textes de façon totalement débridée. Or, malgré ce qu’on pense, notamment sur la durée éphémère des données sur Internet, tout y reste et pour très longtemps !

Le deuxième, c’est l’éducation aux médias et à l’information. Il faut apprendre à ses enfants à faire des choix de contenus et de sources. Ils ont besoin qu’on leur montre les sites sur lesquels l’information est de qualité. Il y a beaucoup d’erreurs dans les vidéos postés par les Youtubers. Il y a aussi beaucoup de photos truquées et maquillées qui circulent sur Internet, comme cela a été le cas après les attentats qui ont touché la France. Sur des sites comme Universcience ou Francetvéducation, par exemple, les contenus sont solides. Il faut accompagner le jeune à développer son esprit critique, à ne pas prendre au pied de la lettre tout ce qu’il voit et entend, surtout sur le web.

Propos recueillis par Claire Alméras

Écrans : quels impacts sur le cerveau ?

• Rapidité, créativité, réactivité 

Un texto pour donner son avis, un clic pour trouver une information… les natifs du numérique développent des capacités de synthèse, de vitesse de raisonnement et d’adaptation qui peuvent les rendre habiles à prendre des décisions rapides et à affronter un monde en mouvement. Des automatismes qui, cependant, ne font pas toujours bon ménage avec la prise de recul et la concentration. 

 • Concentration, attention, mémoire

Couleurs, brillance… Les écrans apportent leur lot de stimuli et de gratifications immédiates. De retour en classe, face à l’enseignant, l’enfant aura du mal non seulement à se concentrer mais à réaliser des tâches de longue durée qui ne sont pas immédiatement suivies de récompenses. Un grand nombre de chercheurs et de praticiens soulignent par ailleurs une tendance à la fragmentation de l’attention liée à l’usage du smartphone. Peut-on répondre à ses sms tout en apprenant une leçon de maths ou d’histoire ? Difficile même si le cerveau est plastique ! Le jeune risque de mettre deux fois plus de temps à se remettre au travail et de voir son stress augmenter. Qu’en est-il de l’habileté à aller chercher rapidement de l’information sur Internet ? Cette agilité ne doit pas masquer l’importance de la mise en perspective des connaissances acquises et leur mémorisation. Le risque étant de surcharger notre mémoire à court terme et de ne plus suffisamment utiliser notre mémoire à long terme.

Pour aller plus loin :

- L’impact des écrans. La tête au carré.
À réécouter sur www.franceinter.fr jusqu'à juin 2017

- Magazine Cerveau et Psycho

- L’enfant et les écrans. Avis de l’académie de médecine. Le Pommier, 2013 ou www.academie-sciences.fr

 

Sylvie Bocquet avec Sébastien Bohler,
rédacteur en chef de Cerveau et Psycho