" A L’ECOLE, L’ERREUR EST TROP SOUVENT ASSIMILEE A L’ECHEC "

Il n’y a pas d’apprentissage sans erreur et l’on apprend de ses erreurs, à condition de comprendre ce qui a fonctionné ou pas.

C’est le rôle de l’adulte de guider l’enfant vers des erreurs surmontables ou de l’aider à apprendre de ses erreurs afin qu’il ne s’enferme pas dans la conviction que cela ne marchera jamais. L’apprentissage du vélo est un bon exemple : la perte d’équilibre a entrainé une chute, preuve de l’erreur. Comment réduire ce risque ? En proposant à l’apprenti cycliste un vélo sans pédales pour apprendre d’abord à tenir en équilibre, avant de savoir utiliser le pédalier. C’est le retour d’informations à la fois sur ce qu’il est possible de réaliser et sur ce qui n’a pas fonctionné qui va permettre l’apprentissage.

À l’école, l’erreur est trop souvent assimilée à l’échec, avec son cortège de sanctions, de commentaires négatifs et humiliants pour l’élève. L’erreur perd ainsi son statut d’information. Sortons du déterminisme qui consiste à penser que quelqu’un qui se trompe est bête et qu’une personne qui a de bonnes performances est dotée d’une intelligence innée. L’effort deviendrait donc inutile ! Et les risques de découragement certains ! Il ne s’agit pas pour autant de ne plus évaluer les élèves. Une évaluation qui se compose de commentaires précis et qui identifie des pistes d’amélioration est un retour d’informations précieux, tout en restant respectueuse de la personne.

À l’école comme en famille, il est important de créer un climat où l’erreur ne représente pas un danger en soi : elle est surmontable et doit être dépassée pour que l’enfant puisse progresser. Un enfant qui réussit est un enfant qui se voit avancer. Aux adultes de le porter dans ses zones d’excellence et de l’accompagner avec bienveillance, là où il éprouve le plus de difficultés.  

Avec Gaëlle Gaëtane Chapelle, docteur en psychologie, professeur invitée à l’Université catholique de Louvain, formatrice d’enseignants

CONSEILS AUX PARENTS

♦ Accompagner les devoirs sans endosser le rôle de l’enseignant (au risque de reproduire les rapports que nous avons eus avec nos propres enseignants).

♦ Dialoguer avec les enseignants, leur demander des explications, les encourager à vous faire un retour précis de ce qui se passe en classe.

♦ Aider son enfant à se poser lui-même des questions sur ses erreurs : à ton avis, qu’est-ce qui a fonctionné ou pas ?

♦ Éviter les injonctions du type « concentre-toi », leur préférer un accompagnement pas à pas et la participation de l’enfant à la résolution de tâches d’abord périphériques puis plus précises.

♦ Ne pas hésiter à déléguer ou proposer des pauses si les émotions provoquées par le stress sont trop fortes.