Attrait pour les films d'horreur

« Ma fille de 15 ans raffole des films d’horreur et des thrillers, qu’elle visionne en boucle avec ses amis. Je ne comprends pas cet attrait. Et je me demande surtout si ça n’est pas toxique pour elle ? »

La réponse de Daniel Marcelli, pédopsychiatre, président de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs (FNEPE), auteur de nombreux ouvrages dont Avoir la rage, du besoin de créer à l’envie de détruire (Albin Michel).

« L’adolescence est une période d’excitation et de tension interne. Les pulsions sont portées à l’incandescence, en particulier ce qui relève de l’anxiété et de l’agressivité. En toute logique, votre fille cherche à donner une représentation imagée pour évacuer ce mal-être. D’où l’appétence pour ce genre de films. Rappelez-vous que les petits aussi adorent la violence des contes de fées. Mais dans les films (ou dans les jeux vidéo violents), la haute définition accentue “l’effet de réel”.

Quelle que soit votre inquiétude, je vous conseille de proscrire toute réaction de mépris (« Comment fais-tu ? Quelle horreur ! Je déteste ce genre de films »), qui creuserait le fossé entre vous. Au contraire, proposez-lui de voir un DVD avec elle, pour ensuite en discuter ensemble. C’est la mise en mots qui l’incitera à prendre du recul par rapport aux images “trash” – une vraie éducation aux images !

Et c’est cela qui est important : la mise à distance de la violence par la narration. Et pourquoi ne pas en profiter pour partager avec elle un ou deux chefs-d’œuvre de Hitchcock ? Quoi qu’il en soit, rassurez-vous : sauf exception (grande fragilité psychologique), ce genre de films ne la conduira pas à la violence. »