L'Enseignement catholique et ses partenaires favorables à la réforme du collège

Pascal Balmand, Secrétaire général de l'Enseignement catholique, et les syndicats de chefs d'établissement se sont prononcés favorablement sur la réforme du collège. De nombreux établissements ont déjà mis en oeuvre certaines pratiques proposées dans la réforme. Voici quelques exemples.

Des rythmes malins à Saint-Joseph à Cholet

Dans ce collège de 460 élèves, les cours durent 50 minutes. "Cela laisse le temps de faire le programme d'autant que les devoirs sur table se déroulent durant les heures de vie scolaire", précise Laurent Pénard, le chef d'établissement. Ces dix minutes ne sont pas perdues. Ajoutées à du temps d'accompagnement éducatif ou d'itinéraires de découverte, elles permettent de dégager quatre séances hebdomadaires d'une heure et demie. A 15h, les cours laissent la place au temps différencié. Sans faire de miracles sur les notes, ces temps différenciés permettent d'apprendre en se faisant plaisir et de valider des compétences comme l'autonomie et l'esprit d'initiative. Ils redonnent confiance en eux aux élèves en difficulté. 

J’invite l’Enseignement catholique à accueillir favorablement le nouveau socle commun et la réforme des collèges, qui me paraissent à même de favoriser l’autonomie des établissements, de faire évoluer la mission de transmission de l’école pour le service d’une pédagogie personnalisée et d’une formation intégrale de la personne, et de rénover le métier de professeur en développant l’articulation entre enseignement et éducation. Les horizons dessinés rejoignent bien des pratiques déjà mises en œuvre dans nombre de nos établissements, et correspondent à des paradigmes de souplesse, d’adaptation, de créativité et de responsabilité que l’Enseignement catholique promeut et appelle de ses vœux. »

Pascal Balmand , Secrétaire général de l'Enseignement catholique

Pédagogie différenciée à Saint-Louis à Vouziers (08)

Depuis 2004, cet établissement de 160 collégiens propose des cours différenciés en maths, français, anglais et histoire-géographie à une dizaine de 3e. "Ils reprennent goût à la scolarité à travers un enseignement plus concret, en petit groupe", décrit Elisabeth Nortier, la chef d'établissement. Leurs parcours comprend deux stages et une découverte approfondie des métiers. Tout cela n'ouvre-t-il pas une brèche dans le collège unique ? "Cela lui permet d'être plus efficient", répond Elisabeth Nortier. "Cela aide à se projeter dans le futur des jeunes qui, autrement, auraient lâché prise."

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Les chefs d'établissements de l'Enseigenement catholique soutiennent la réforme

Le Snceel est une Organisation professionnelle de chefs d’établissement d’enseignement libre qui regroupe plus de 2000 chefs d’établissements, dirigeant quelque 2500 unités pédagogiques, écoles, collèges, lycées où sont scolarisés plus de 1 000 000 élèves, de la maternelle aux classes préparatoires et sections de techniciens supérieurs.

> Pour en savoir + : www.snceel.org

Deux éléments nous paraissent fondamentaux dans cette réforme. Tout d’abord, les collèges auront plus d’autonomie et pourront proposer des choses différentes sur une partie de l’emploi du temps. D’autre part, l’approche interdisciplinaire de la réforme va remettre du sens dans les apprentissages, ils seront plus concrets pour les élèves. Notre travail va maintenant consister à décliner les différentes propositions pour les mettre en œuvre dans les établissements et notre commission « collège » travaille déjà dans ce sens. Les chefs d’établissements sont enthousiastes d’élaborer de nouvelles propositions dans leurs projets d’établissement et ils disposent d’un an pour préparer la mise en place de la réforme, ce qui leur laisse le temps de se concerter avec leurs équipes. Notre seule crainte, c’est que le ministère soit obligé, devant les critiques formulées, d’ajouter des circulaires au décret déjà promulgué : cela diminuerait cet espace de liberté que l’on a à cœur d’investir pour faire progresser les élèves. »

Louis-Marie Fillon , Président du Snceel

 

Le Synadic est une Organisation professionnelle de chefs d’établissement catholiques d’enseignement du second degré sous contrat

> Pour en savoir + : www.synadic.fr

Je trouve regrettable que toutes les critiques sur la réforme ont été formulées par des personnes qui n’en connaissent pas le contenu. Cette réforme donne plus d’autonomie aux établissements et nous l’avons beaucoup réclamée : le Synadic ne peut que se réjouir de cette orientation nouvelle. Même si cela demandera plus de travail de la part des enseignants, cela leur donnera également plus de responsabilités. Avec l’approche interdisciplinaire, nous allons pouvoir mettre en place un vrai travail d’équipes et ne plus raisonner par discipline. L’accompagnement personnalisé des élèves est un concept clé de la réforme : créativité, initiative et innovation sont donc à mettre à l’ordre du jour auprès de nos équipes. On s’est beaucoup focalisé sur les langues anciennes et les classes bilangues. Mais il faut savoir qu’à partir du moment où on respecte les programmes, notre marge de manœuvre nous appartient et on organise les choses comme on l’entend. »

Jacky Aubineau , Président du Synadic