Pourquoi l'Apel soutient la réforme du collège

Les propositions pour réformer le collège, présentées par le ministère de l'Education nationale en mars dernier, ont suscité de nombreuses réactions de la part de certains parents. L’Apel accueille cependant avec beaucoup d’espoir la volonté de la ministre de « mieux enseigner les savoirs fondamentaux, former à d’autres compétences et […] s’adapter à la diversité des besoins ». Voici, en quelques points, pourquoi l'Apel souhaite soutenir cette réforme.

Les propositions formulées par le ministère de l'Education nationale apportent de vraies réponses à des attentes fortes souvent exprimées par les parents. L’attention portée à la transition école-collège, le renforcement de l’accompagnement individuel des élèves, la création de temps d’enseignement interdisciplinaires ou encore la plus grande autonomie laissée aux équipes éducatives font en effet partie des propositions que l’Apel a eu maintes fois l’occasion de soumettre au ministère de l’Education nationale.

Une réforme qui donne des raisons d'espérer

L’apprentissage d’une seconde langue dès la 5e constitue lui aussi une chance pour les collégiens. Si l’Apel déplore réellement qu’elle n’ait pas été généralisée dès la 6e, la mesure entraînera néanmoins une augmentation globale de 25% des heures dédiées à la langue vivante 2 sur l’ensemble des années de collège. Ajoutée à l’opportunité offerte par les enseignements interdisciplinaires aux professeurs de langue, cette dotation supplémentaire pourrait permettre aux élèves français de rattraper leur retard et de ne plus souffrir de la piètre réputation qu’on leur prête en matière de pratique des langues étrangères.

La réforme du collège devant entrer en application à la rentrée 2016, les équipes éducatives disposent du temps nécessaire à la préparation de sa mise en œuvre et peuvent sereinement réfléchir aux meilleurs aménagements à proposer dans l’intérêt des élèves. Des rencontres de travail sont d’ores et déjà prévues entre l’Apel et ses partenaires de l’Enseignement catholique, qui considèrent également que la réforme va dans le bon sens. Rappelons également que l’autonomie dont dispose l’Enseignement catholique dans son organisation lui permettra d’en tirer un grand profit.

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Tout le monde s'accorde à dire depuis de nombreuses années que le collège va mal. Une réforme s'imposait. En l'espèce, le gouvernement reprend nombre de propositions que nous avançons de longe date : plus de liberté accordée aux équipes, davantage de travail interdisciplinaire, un renforcement des langues vivantes avec un apprentissage de la seconde langue dès la 5e et une meilleure transition entre le primaire et le collège, grâce à un  nouveau cycle allant du CM1 à la 6e. De même, les trois heures d'accompagnement personnalisé en 6e aideront les élèves en difficulté à reprendre pied, tout en offrant aux autres un approfondissement. Mais comme à chaque fois qu'un gouvernement, quel qu'il soit, prévoit une réforme, on entend presque uniquement les voix négatives. C'est dommage. »

Caroline Saliou , Présidente nationale de l'Apel - Interview La Croix du 11/05/2015 par Denis Peiron

L'Apel s'interroge sur le collège unique depuis de nombreuses années

Nos propositions en faveur de la réforme du collège ne datent pas d'aujourd'hui : en avril 2011, l'Apel a organisé un petit déjeuner-débat "Inventons le collège de demain". Voici quelques résultats de notre sondage présentés lors de ce débat :

- 51 % des Français estiment que le collège fonctionnent bien et 46 % reconnaissent qu’il fonctionnent mal ;
- 67 % des parents d’élèves souhaitent que le collège ne soit plus unique et proposent une plus grande diversité de formations adaptées aux capacités de chacun.

81 % des parents souhaitent la création de parcours individualisés pour les élèves.

(Sondage Apel-La Croix-CSA "Les Français et la collège : bilan et perspectives, avril 2011).

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De nombreux experts, chefs d'établissements et enseignants sont intervenus lors de cette matinée et ont apporté leurs témoignages sur, par exemple, les parcours différenciés.

 

Claude Lelièvre, professeur d'histoire de l'éducation à Paris V La Sorbonne, est revenu sur la création et l'évolution du collège unique.

 

André Giordan, directeur du laboratoire de didactique et épistémologie de l'Université de Genève a formulé des propositions pour faire évoluer le collège unique.