Vincent Pavan, président de l'Apel Notre-Dame Saint-Théodore à Marseille

Vincent Pavan est président d’Apel d’une école de Marseille accueillant 90% de familles musulmanes issues de l’immigration. Disponibilité, écoute et pragmatisme sont les maîtres-mots de son action.

Ce n’est pas au sein d’un établissement catholique comme les autres que Vincent Pavan, 39 ans et père de deux enfants, exerce sa mission de président d’Apel. Située dans le quartier populaire de Belsunce, dans le centre-ville de Marseille, l’école Notre-Dame Saint-Théodore compte en effet 120 familles, dont 90% sont musulmanes et issues de l’immigration. Qu’elles soient primo-arrivantes ou installées en France depuis une ou deux générations, ces familles ont en commun de vivre dans des conditions très modestes et d’être en difficulté dans leur rapport à l’école. « Les parents sont très intimidés par l’école, souligne Vincent Pavan. Ils formulent rarement leurs attentes, n’osent pas entrer en contact avec les enseignants et encore moins s’investir dans la vie de l’établissement. » 

Lorsque je suis entré dans l'établissement, il y a quatre ans, je ne connaissais pas l'Apel ! Je m'y suis impliqué parce qu'il m'est apparu comme une nécessité de porter la parole de ces familles éloignées de l'école. »

Vincent Pavan , Président de l'Apel Notre-Dame Saint-Théodore (13)

Une réalité qui nécessite d’abandonner tout préjugé et de s’adapter. « Notre Apel ne peut pas fonctionner de façon ordinaire, tient-il à préciser. Nous n’organisons par exemple aucune manifestation destinée à récolter des fonds - puisque les familles ont déjà du mal à payer les frais de scolarité ou la cantine ! » Veiller à ne pas effrayer les familles par trop de formalisme associatif, écouter, ne jamais mettre en difficulté… voilà comment Vincent Pavan aborde sa mission. « Lorsque je suis entré dans l’établissement, il y a quatre ans, je ne connaissais pas l’Apel ! Je m’y suis impliqué parce qu’il m’est apparu comme une nécessité de porter la parole de ces familles éloignées de l’école. J’essaie donc d’être quotidiennement à la sortie des classes (ce que lui permet son métier d’enseignant à l’université, NDLR), car c’est là que tout se joue pour comprendre leurs besoins. » 

Depuis deux ans, l’Apel organise par exemple des repas à l’occasion des grandes fêtes catholiques et musulmanes, pour permettre aux familles d’échanger et répondre à leur besoin d’être respectées dans leur religion. « La société stigmatise facilement les musulmans et les familles souffrent de la présentation caricaturale dont elles font l’objet. Nous avons la chance de pouvoir les aider à s’intégrer en les accueillant telles qu’elles sont et de leur montrer que nous partageons l’essentiel : vouloir le meilleur pour nos enfants ». 

Propos recueillis par Stéphanie Rivage