Enseignement catholique : une rentrée placée sous le signe de l'engagement

Pascal Balmand, nouveau Secrétaire général de l'Enseignement catholique, a présenté lors de sa conférence de presse de rentrée les principaux chiffres et les projets de l'Enseigenement catholique pour cette nouvelle année scolaire.

Des effectifs en hausse

Cette année encore, l'Enseignement catholique connaît une hausse de ses effectifs : + 4203 pour la rentrée 2013, ce qui porte le nombre d'élèves scolarisés dans ses établissements à 2 041 185.

Cette progression doit être nuancée : si les effectifs continuent de progresser dans le second degré (+ 8593 élèves), le premier degré connaît un repli (- 4714 élèves).

Les principaux projets pour 2013/2014

  • la mise en oeuvre et l'appropriation du nouveau Statut de l'Enseignement catholique ;
  • la lutte contre les inégalités avec la mise en valeur des initiatives locales ;
  • le recrutement et la formation des enseignants. Une nouvelle campagne de recrutement sera lancée au mois de décembre.
  • la mise en place d'une Commission nationale des rythmes scolaires pour poursuivre la réflexion sur la mise en oeuvre de la réforme ;
  • la mise en oeuvre du respect du principe de laïcité et introduction d'un enseignement moral à l'école : l'Enseignement catholique veut rester l'interlocuteur privilégié du gouvernement en insistant sur la nécessité d'associer étroitement les enseignants et les éducateurs à cette réflexion.

Interview de Pascal Balmand, Secrétaire général de l'Enseignement catholique

L'enseignement catholique scolarise plus de 2 millions d'élèves en cette rentrée. Quel message souhaitez-vous adresser à leurs parents ?

Pascal Balmand : Que les enfants et les jeunes ont besoin de grandir dans un climat de confiance et que pour cela, ils doivent sentir qu'il n'existe aucune suspicion entre la famille et l'école. Cela signifie que les parents ont pleinement leur rôle à jouer au sein de la communauté éducative, cela vient d'ailleurs d'être défini beaucoup plus clairement dans le nouveau Statut de l'Enseignement catholique. Je remercie également tous les parents qui s'engagent au sein des Apel car, à travers leurs actions, ils participent à la vie de l'Enseignement catholique.

Les établissements catholiques accueillent 4000 élèves supplémentaires cette année. Mais le manque de place et de professeurs vous contraint à ne pas satisfaire toutes les demandes des parents. Quelles mesures pourraient être entreprises pour améliorer cette situation ?

P. B. : Il y a une vraie compréhension de l'attente des parents et c'est pourquoi nous travaillons constamment avec le ministère de manière à garantir l'équité dans la répartition des moyens d'enseignement. Mais chacun sait les contraintes budgétaires auxquelles nous sommes assujetties. On ne peut donc pas attendre de miracles sur la capacité de l'Enseignement catholique à étendre ses locaux ou à en construire de nouveaux, même si nous le regrettons. L'an dernier, nous avons tout de même pu inaugurer dix nouveaux établissements, mais ce n'est pas assez.

Après sa Convention de juin dernier, l'Enseignement catholique a souhaité intensifier sa lutte contre les inégalités. Comment cela va-t-il être mis en oeuvre ?

P. B. : Cette volonté a toujours existé, mais il faut maintenant la décliner de manière plus forte et lutter contre toutes les formes de fragilité, pas seulement celles du cadre scolaire. Je crois très peu aux injonctions venues d'en haut. En revanche, je crois à l'inventivité des équipes sur le terrain et à la mutualisation de ces expériences. Car le nouveau Statut le rappelle très bien : l'Enseignement catholique doit faire sa place à tous, du plus faible au plus petit. Et cela n'est pas qu'une question de moyens : cela passe avant tout par l'innovation pédagogique.

Propos recueillis par Céline Reboufat