L'Apel réagit à la publication du rapport de la Ciase

Mardi 5 octobre, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, a rendu public le rapport que lui ont demandé la Conférence des évêques de France (CEF) et la Conférence des Religieux et Religieuses de France (Corref), il y a maintenant deux ans et demi.

Le périmètre de cette commission inclut aussi les abus qui auraient pu être commis dans les établissements catholiques d’enseignement. C’est pour cela qu’il nous concerne en tant que parents d’élèves et que l’Apel a relayé l’année dernière, dans Famille & Education, l’appel à témoignage de la CIASE.

Ce rapport est un choc, une douleur, une déflagration avec des chiffres effrayants qui dépassent tout ce que nous pouvions imaginer et il nous faut l’accepter tel qu’il nous est proposé.

Cette douleur, c’est d’abord et avant tout celle des victimes. Cette douleur, c’est aussi celle de tous ceux qui, de près ou de loin, ont été touchés par les crimes perpétrés : en particulier les familles et entourages qui ont porté un fardeau terrible et les conséquences de ces crimes.

Nos premières pensées se tournent résolument vers les personnes victimes, ainsi que vers leurs proches, à qui nous voulons manifester notre fraternité. Ces personnes peuvent être un voisin, un ami, l’un de nous ou un parent de notre école dont nous n’imaginons pas ce qu’il a pu vivre dans le passé.

Mais si ce rapport est douloureux, il est également salutaire, appelant à la transparence et à des évolutions.

Ce rapport mentionne les drames qui se sont passés dans des établissements catholiques d’enseignement où des enfants ont été abusés, mais aussi d’autre lieux comme des colonies, des camps scouts, des patronages, des clubs de sport, mais également dans le cadre familial étendu.

Même si certains de ces faits sont anciens, il existe malheureusement toujours aujourd’hui des prédateurs dans tous les milieux, prêts à briser des jeunes.

Il est de notre devoir de parents, premiers éducateurs de nos enfants, d’être attentifs à la parole de nos enfants, à leur souffrance, à leurs difficultés et à tous les signaux faibles.

Il est de notre devoir de parents d’aider nos enfants à comprendre que leur corps leur appartient et que nul n’a le droit d’y toucher. Les initiatives portées par l’Apel autour de l’éducation affective, relationnelle et sexuelle peuvent nous y aider.

Il est de notre devoir de parents de contribuer à ce que l’école soit un lieu encre plus sûr où chaque jeune puisse grandir en humanité à travers une alliance éducative entre la famille et l’école.

Il est également de notre devoir de parents de développer une attention particulière aux différents programmes en vigueur dans l’Enseignement Catholique comme le programme de protection des publics fragiles auquel l’Apel a contribué.

C’est en communauté éducative que nous bâtirons ensemble une école plus sûre en nous saisissant de certaines préconisations de la CIASE et en améliorant les dispositifs existants depuis quelques années afin que de tels actes ne se reproduisent pas.

Gilles DEMARQUET
Président national de l’Apel

 

A noter : retrouvez l'interview de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France et de Jean-Marc Sauvé dans le numéro de notre magazine Famille & Education de novembre-décembre 2021.
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