Réforme du bac : l'Apel reçue par Jean-Michel Blanquer

Apel mardi 13 février 2018 Retourner à la liste d'actualités

L’Apel a rencontré Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, vendredi 9 février dans le cadre de la concertation menée pour réformer le baccalauréat.

En décembre dernier, l’Apel a rencontré Pierre Mathiot, chargé par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de mener une réflexion pour réformer le baccalauréat. A cette occasion, l’Apel avait présenté ses propositions (voir la vidéo ci-dessous) et répondu aux nombreuses questions posées dans le cadre de cette réflexion. À l'issue des consultations menées, Pierre Mathiot a remis son rapport le 24 janvier 2018.

Vendredi 9 février, l’Apel rencontrait cette fois Jean-Michel Blanquer qui a dévoilé mercredi 14 février son projet de réforme du baccalauréat et du lycée lors du Conseil des ministres.

Jean-Michel Blanquer s'est largement appuyé sur les propositions du rapport Mathiot :

  • un baccalauréat avec moins d’épreuves, comportant une part importante de contrôle continu ;
  • un oral basé sur deux des « spécialités » choisies par le lycéen ;
  • des épreuves de rattrapage remplacées par un examen des bulletins scolaires.

Pour le lycée général, ce sera également la fin des séries actuelles (S, ES, L) remplacées par un tronc commun et des spécialités. Près d’une trentaine de combinaisons seront possibles.

 

Quelles sont les propositions de l'Apel ?

Si la grande majorité des mesures choisies rejoignent les propositions de l’Apel, les représentants de notre mouvement ont insisté sur la nécessité de veiller à l’équité d’une part entre les établissements et d’autre part entre les territoires.

L'Apel a également attiré l’attention de Jean-Michel Blanquer sur l’accompagnement à l’orientation et la place importante des parents d’élèves dans le processus. L’Apel a par ailleurs demandé que le ministère se mobilise pour offrir à toutes les familles une l’information complète sur la réforme.

 

« Le ministre a entendu nos craintes et questionnements »

3 questions à Violaine Bigot, coordinatrice du groupe de travail sur la réforme du lycée 2021 et membre du bureau national de l’Apel.

La réforme du bac est-il un sujet particulièrement important pour l’Apel ?

Violaine Bigot : Le bac est une institution nationale qu’il faut conserver, mais il fallait lui redonner du sens et de la valeur. Déjà en 2012 nous avions soumis aux candidats à la présidentielle des propositions pour le réformer. Là, nous sentons que les lignes bougent. Notre groupe de travail réunissant des présidents d’Apel départementaux, académiques et d’établissement originaires de toute la France, aussi bien de zones rurales qu’urbaines, a été vigilant à ce que tous les lycéens soient pris en compte. Nous avons fait des propositions très concrètes.

Parmi ces propositions, quelles sont celles qui sont les plus importantes pour vous ?

V. B. : Le passage d’une partie de l’examen en contrôle continu et le bac modulaire sont les deux principaux points. Le bac modulaire sera le moyen d’en finir avec la suprématie de la filière S. Cette formule permettra à chaque élève de faire un réel choix d’orientation. Un bac modulaire permettra aussi de mieux répondre aux attendus de l’enseignement supérieur. Nous tenons à conserver un examen final, mais il est aussi primordial de prendre en compte les résultats obtenus pendant la scolarité. La mise en place du contrôle continu répond à une de nos demandes et permettra de réduire le stress lié à un seul examen final.

La mise en place d’un grand oral est également une de nos propositions. Il nous semble indispensable que nos jeunes soient formés à ce type d’exercice au sein des établissements afin qu’ils aient tous la même chance de réussite.

Vous avez rencontré le 9 février le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. A-t-il entendu vos préoccupations ?

V. B. : Le ministre a entendu nos craintes et nos questionnements et il nous a rassuré sur la valeur nationale du bac qui restera identique sur tout le territoire, ce qui était l’un de nos points de vigilance. Nous sentons que les réformes vont dans le bon sens et nous voudrions qu’elles aillent encore plus loin. Deux semaines consacrées à l’orientation en terminale, par exemple, c’est bien, mais la question de l’orientation doit être abordée bien en amont.

 

Ce que pense l'Enseignement catholique de la réforme du lycée

La philosophie générale de la réforme correspond assez largement à ce que l’Enseignement catholique préconise depuis des années.

Elle permet d’assurer un continuum de la seconde jusqu’à la fin du premier cycle universitaire, d’inscrire le baccalauréat dans une vraie démarche de formation, en sortant de la culture de l’examen couperet, mais aussi de s’investir humainement dans l’accompagnement à l’orientation. (La Croix)

=> Lire l'interview de Pascal Balmand dans le journal La Croix