Bac pro - Rattraper la pratique après le confinement : un défi pour les équipes !

Manœuvrer un poids lourd, voire super lourd, et sa remorque, fait partie des apprentissages dans certaines filières professionnelles. Sans avoir l’ensemble des informations nécessaires sur le retour en cours, les équipes planchent sur différents scénarios pour permettre aux futurs diplômés de décrocher leurs permis.

Si l’adaptation des contenus de cours à distance n’a pas posé globalement de problèmes pour les filières professionnelles du tertiaire, elle s’est avérée plus complexe pour les bacs professionnels et CAP industriels. Grâce à des partenariats avec des branches professionnelles et des industriels, qui ont mis des tutoriels utilisés habituellement en formation continue à disposition des enseignants, ainsi qu’à l’inventivité de ces derniers, les élèves ont pu poursuivre leur formation. Mais pendant le confinement, l’accent a évidemment été mis sur la théorie, à défaut de pouvoir conduire un engin ou travailler sur machines

Des heures de conduite à rattraper

La situation est particulièrement complexe pour les élèves qui s’apprêtent à valider un CAP ou un bac professionnel impliquant de maitriser la conduite routière de poids lourds. Ils ont validé leur permis B en fin de première année d’études dans la voie professionnelle, mais doivent encore décrocher les permis E (poids lourds), voire CE (super lourds), selon les filières. À la fin du confinement ces devront rattraper « entre 60 et 80 heures de conduite à partir de la reprise de cours », évalue Denis Bernard, directeur coordinateur de quatre lycées professionnels privés marseillais. Priorité sera donnée aux élèves qui passent un examen cette année afin de leur permettre de valider les permis qui deviennent officiel à l’obtention de l’examen.

Déjà un bon niveau de conduite

Après plus d’un mois sans pratique, Jean-François Bessières, directeur général de l’association "Formation et métier", associée au groupe de lycées professionnels privés sous contrat que coordonne Denis Bernard, se veut rassurant. Il balaie l’idée que des diplômés puissent représenter un danger sur les routes. « Les élèves ont généralement un bon niveau de conduite des camions à cette période de l’année », rassure-t-il. « Ce qu’il va falloir travailler davantage, ce sont les manœuvres avec remorques et les techniques de maniabilité, qui n’ont pas pu être effectuées en confinement, contrairement à tout ce qui concerne les précautions d’usages avec les matières dangereuses ou les problématiques de sécurité », détaille-t-il.

Pas cinq élèves dans un camion !

Sans informations officielles pour le moment, les équipes travaillent sur l’hypothèse la plus prudente d’un point de vue à la fois sanitaire et pédagogique. « Les élèves sont généralement cinq dans un camion, à conduire et observer alternativement. Dès que nous récupèrerons les élèves, nous allons organiser des convocations pour une heure de pratique, avec un enseignant pour un élève afin de poursuivre la formation poids lourds (permis C) et super lourds (permis EC). Il va falloir faire du sur-mesure afin de pouvoir terminer la formation avant le mois de juillet. L’amplitude des journées sera sans doute plus longue qu’habituellement », détaille Denis Bernard. Pour l’heure, Jean-François Bessières craint « un goulot d’engorgement ». Il s’interroge, notamment, sur le nombre d’inspecteurs disponibles pour faire passer les permis dans le temps imparti.

Une session repoussée en septembre ?

En attente de consigne du ministère de l’Education nationale, Denis Bernard évoque, pour sa part, « l’idée d’une session repoussée en septembre, « un bruit de couloir très récent », précise-t-il. Une hypothèse qui soulève, selon lui, de nouvelles problématiques : « Comment accueillir environ 80 élèves de CAP et bac pro en septembre, en plus de ceux qui feront leur entrée en première année dans nos établissements ? Qu’adviendra-t-il de ceux qui ont déjà des projets professionnels précis ou envisagent de poursuivre leurs études à la rentrée ? ». Mi-avril, les modalités de reprise des cours et d’organisation de ces examens ressemblent encore des équations à plusieurs inconnues.

Isabelle MARADAN

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