« Au-delà de la continuité pédagogique, il est important de conserver un lien »

Pendant le confinement, la question de la continuité pédagogique est devenue cruciale. Une problématique bien présente chez les élèves liés à un dispositif Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire). Stéphanie Liotard, enseignante coordinatrice Ulis au collège Notre-Dame-de-Mongré à Villefranche sur Saône (69) témoigne de son accompagnement auprès de ces élèves durant cette période.

En tant que coordinatrice Ulis, auprès de quels élèves intervenez-vous ?

Stéphanie Liotard : J’accompagne 15 élèves de la 6e à la 3e, certains avec des profils multi-dys, d’autres porteurs d’autisme Asperger. L’objectif du dispositif Ulis dans lequel ils s’intègrent est de les laisser en classe ordinaire, tout en compensant leurs difficultés via des rendez-vous quotidiens avec moi où ils peuvent également exprimer leurs émotions et humeurs du jour.

De quelle manière les accompagnez-vous durant le confinement ?

S. L. : J’ai rapidement proposé aux professeurs de ces élèves de synthétiser tout le travail donné et de mettre en place des aménagements selon leurs besoins en supprimant par exemple certains exercices et en leur apportant des outils d’aide : carte mentale, différentiation des exercices... Au départ, je les appelais individuellement par téléphone, mais ces élèves ayant souvent des problèmes d’attention, j’ai préféré ensuite réaliser des visioconférences avec eux pour mieux déceler lorsque leur concentration se dissipe. Des visioconférences également mises en place deux fois par semaine en les regroupant par niveau de classe pour reprendre un exercice mal compris, réexpliquer ce qui est demandé dans une matière, etc. Je me suis également connectée une fois avec l’ensemble des élèves ainsi que l’AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) pour que tous puissent se voir : au-delà de la continuité pédagogique, il est important de conserver un lien.

Comment appréhendez-vous la phase de reprise avec eux ?

S. L. : Si pour certains élèves, cette période de confinement a pu constituer une bouffée d’air frais, pour les enfants multi-dys, cela n’a pas été simple car ils ont besoin d’aide au niveau de l’organisation et le travail qui leur a été demandé était intense cognitivement. Il est important qu’ils reviennent en classe pour ne pas les perdre. Le point positif, c’est qu’ils ont tous beaucoup progressé au niveau informatique ces dernières semaines !

Propos recueillis par Charlotte COUSIN

La FÉDÉEH lance une plateforme d’entraide pour les jeunes handicapés

Avec sa plateforme « entraide handicap » la FÉDÉEH (Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap) propose depuis le 20 avril une aide à distance aux lycéens, étudiants et jeunes diplômés handicapés grâce au soutien de jeunes bénévoles, handicapés ou non.

  • chaque lycéen, étudiant ou jeune diplômé handicapé peut exprimer son besoin (scolaire, méthodologique, d’orientation, d’insertion professionnelle et/ou autre), le mode de communication à distance qu’il souhaite privilégier et sa préférence éventuelle pour une aide provenant d’un pair qui partage la même situation de handicap que lui ;
  • chaque jeune aidant, handicapé ou non, peut présenter ses compétences, le type d’aide et le temps disponible qu’il propose, ainsi que sa familiarité éventuelle (connaissance, expérience) avec le handicap en général et/ou un handicap en particulier. S’il en a besoin ou en exprime le souhait, une formation peut lui être apportée par un bénévole de la FÉDÉEH expérimenté.

> Pour en savoir + cliquez ici

Ajouter un commentaire

Les réactions à cet article (0 commentaire)

    Soyez le premier à laisser un commentaire.

Voir plus de commentaires