« Il faut intégrer d'autres formations à la phase complémentaire des voeux sur Parcoursup »

Près de la moitié des bacheliers de la voie professionnelle tentent chaque année d’entrer dans la vie active. Les bacheliers 2020 vont subir de plein fouet le ralentissement économique. Selon Bruno Magliulo, inspecteur d'académie honoraire et spécialiste de l’orientation, il sera nécessaire de permettre à ceux qui ne sont pas inscrits sur Parcoursup cette année d'accéder aussi à des formations courtes, diplômantes ou qualifiantes, en phase complémentaire.

De quelle manière les conséquences du confinement sur l’activité économique vont-elles rejaillir sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ?

Bruno Magliulo : Cette année, à cause de la crise économique liée à la pandémie, il va être beaucoup plus difficile de trouver un premier emploi. Ceux qui ne pourront pas être embauchés avec un bac, voire même un diplôme postbac, vont aller frapper à la porte de l’enseignement supérieur. C’est déjà le cas pour des étudiants en 2e année de BTS ou DUT, qui ont eu quelques jours pour changer leur fusil d’épaule et faire le choix d’une poursuite d’études. Ils n’ont pas à subir le calendrier de Parcoursup, à la différences des bacheliers professionnels qui décrocheront leur diplôme cette année de l’année.

Et, parmi eux, ceux qui comptaient entrer sur le marché du travail directement après avoir décroché leur bac, n’ont pas pu s’inscrire sur Parcoursup…

B. M. : La plateforme a fermé ses portes le 12 mars. Trop tôt pour anticiper les conséquences du confinement, annoncé le 16 mars, et ses conséquences sur le marché de l’emploi. Habituellement, 55% des bacheliers professionnels poursuivent des études et 45% d’entre eux cherchent à s’insérer professionnellement avec le bac. Dans le contexte actuel, ces derniers vont avoir des difficultés particulières. Il est important que les bacheliers professionnels 2020 qui n’avaient pas prévu de poursuite des études – et ne se sont donc pas inscrits sur Parcoursup – puissent l’envisager.

Que préconisez-vous ?

B. M. : Il faut accueillir ces jeunes qui risquent d’être en errance. Ils ont tout intérêt à poursuivre une formation, des études. Il faut que ces bacheliers 2020 non-inscrits en phase initiale sur Parcoursup s'inscrivent en phase complémentaire des vœux sur la plateforme. Mais comme cela reste compliqué de trouver une place dans l’enseignement supérieur pendant cette phase complémentaire - car il ne s’agit là que les places restantes après la première phase d’affectation – il faudrait proposer d’autres formations cette année. C'est une mesure d'urgence indispensable dans le contexte actuel. Je pense notamment à des formations courtes, qualifiantes, diplômantes ou certifiantes (enregistrées dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles, NDR). Des formations adaptées à une activité professionnelle régionale, comme celles que proposent les chambres de commerces et d’industrie, les écoles consulaires, pourraient également  être envisagées en phase complémentaire. Cela nécessite un travail conjoint avec le ministère de l’Education nationale, qui pourrait ouvrir la plateforme à des formations professionnelles qui ne dépendent ni de lui, ni du ministère de l’Enseignement supérieur, pour cette deuxième étape d’affectation. Le calendrier est serré. Mais si cela est mis en place de manière exceptionnelle cette année et si cela fonctionne, cela pourrait devenir une solution à un problème qui n’est pas nouveau. Car chaque année, il y a des jeunes qui tentent de s’insérer professionnellement après un bac professionnel, n’y parviennent pas, et se retrouvent sans rien.

Propos recueillis par Isabelle MARADAN

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