Primaire - Dépasser les bloquages en conjugaison

Apprendre ses conjugaisons par cœur reste un passage obligé qui peut rebuter. Le jeu est un bon moyen de motiver vos enfants.

CE QUI EST DEMANDé à votre enfant

À la fin du cycle 3 (CM1-CM2-6e), les élèves doivent savoir maîtriser beaucoup de notions : l’accord du verbe avec le sujet, mémoriser le présent, l’imparfait, le futur, le passé simple, le passé composé, le plus-que-parfait de l’indicatif, le conditionnel présent et l’impératif présent. Ils doivent également connaître les régularités des marques de temps et de personne, et comprendre la notion de participe passé, comme l’énonce le Bulletin officiel du 30 juillet 2020.
« En élémentaire, on se focalise sur le présent, le futur, l’imparfait et un peu le passé composé, nuance Audrey Lastel, enseignante en CE1- CE2, à l’école Notre-Dame de Bossuet, à Paris. C’est la base. Globale- ment, les enfants ne rencontrent pas de problèmes particuliers avec la conjugaison, même avec les verbes irréguliers. Leur principale difficulté est d’acquérir le réflexe de mettre un “s” à la deuxième personne du singulier. Les lettres muettes peuvent également poser problème comme le “x” dans “je peux” par exemple. » 

Nos astuces pour éviter les erreurs fréquentes

Confondre « é » et « er » à la fin d’un verbe du 1er groupe, autrement dit mélanger le verbe conjugué et le verbe à l’infinitif. Pour s’aider remplacer le verbe par un autre verbe du 3e groupe.
Mettre «à» au lieu de «a» au passé composé, alors que «à» est invariable et n’est pas un verbe. Pour vérifier s’il s’agit du verbe, essayer de le mettre à l’imparfait.
Mettre un « s» à la deuxième personne du singulier de l’impératif présent, alors qu’il n’en prend pas.
Apposer un « s » au futur de la première personne du singulier. C’est alors le confondre avec le conditionnel.

ACCEPTER L’ERREUR

« Il faut insister d’abord sur les régularités, pour créer des automatismes, conseille Alain Bentolila. C’est rassurant pour l’élève, il sait que les règles qu’il apprend vont servir à de très nombreux verbes. » Bonne nouvelle. Les verbes du premier groupe, qui finissent en er, représentent 90 % des verbes et ils sont en majorité réguliers. Avec un piège notable : le verbe aller. « En cas d’erreur sur un verbe irrégulier, il faut d’abord accepter l’erreur et souligner la logique du raisonnement face à un élève qui répondrait par exemple : “ils s’en alleront” au lieu de “ils s’en iront”. Puis corriger bien sûr, mais sans trop mettre en valeur les irrégularités de la conjugaison, sinon on risque de donner l’impression d’une langue complètement anarchique et de démotiver l’élève. » Mais pas de panique. « Tous ces temps et règles de conjugaison sont revus régulièrement pendant toute l’école élémentaire, rassure Audrey Lastel. Donc pas d’inquiétude si tout n’est pas acquis dès le départ. » 

Lise DAVID

« DONNER DU SENS À LA CONJUGAISON »

L'avis de Alain BENTOLILA, sociolinguiste

Si on veut que les enfants entrent volontiers dans l’apprentissage de la conjugaison, il faut avant tout leur en expliquer le sens. Beaucoup pensent que notre langue est sophistiquée parce qu’elle est une langue d’aristocrate et de clerc, volontairement élitiste. Ce n’est pas du tout le cas. Si les verbes ont tant de terminaisons différentes, ce n’est pas pour embêter les élèves. C’est pour être le plus explicite possible, rendre la communication fluide et claire. D’où par exemple les fameux accords du participe passé. Qu’on en juge. Quand j’écris “la montre de mon père que j’ai tant admiré”, mettre un “e” à la fin du mot “admiré” ou ne pas en mettre, change le sens de la phrase.

En replaçant les subtilités de la conjugaison dans un contexte concret, on voit bien en quoi elles sont essentielles au sens de ce que l’on dit et en quoi elles sont fondamentales pour comprendre qui agit, qui parle et à quel moment l’action se passe. Sans ça, impossible de raconter quoi que ce soit, ni de communiquer. Et c’est vraiment le rôle des parents de rappeler le sens de cet apprentissage. C’est la première étape pour donner à son enfant l’envie d’apprendre. 

Jouer pour s'entraîner

À la maison, il faut que le travail sur la conjugaison reste ludique, car ainsi l’enfant apprend sans s’en rendre compte (voir notre cocotte à télécharger ci-dessous).

Grâce aux jeux, les conjugaisons sont utilisées dans un contexte, donc l’enfant comprend mieux les emplois des différents temps et mémorise mieux les formes verbales.

• Enfin, avec le jeu plusieurs formes de mémoires sont sollicitées : visuelles et auditives entre autres. 

A télécharger