Primaire : assimiler sa leçon d'histoire

Votre enfant rencontre des difficultés à mémoriser sa leçon d’histoire. Mais que doit-il savoir exactement ? Comment vous y prendre pour qu’il s’en sorte au mieux ? Voici une démarche possible à utiliser. 

PARTEZ DE LA TRACE ÉCRITE

D’une école à l’autre, les élèves disposent, à la maison, de supports différents : un livre, un fichier d’activités, un cahier avec des photocopies... Le point commun, c’est que, le plus souvent, les enseignants ont utilisé, pendant le cours, une méthode inductive. Ils sont partis de l’étude de documents (texte, photo, tableau, affiche, carte, frise chronologique...) pour aboutir à ce que devront s’approprier les élèves, à la maison : un petit résumé de quelques lignes, voire un schéma ou une carte heuristique. Le plus pratique, pour vous, est d’emprunter le chemin inverse : vous partez de cette synthèse pour arriver aux documents.

RÉACTIVEZ LES SOUVENIRS

Toute leçon commence par un titre (L’année 1789 : la Révolution française) et une problématique en forme de question (Quelles sont les causes de la Révolution française ?). Commencez par demander à votre enfant de vous les rappeler : « De quoi le professeur vous a-t-il parlé pendant cette leçon ?» « Quel était le problème à résoudre ? » Ensuite, lisez la synthèse avec lui, à haute voix, une première fois. Profitez-en pour vérifier sa bonne compréhension des phrases, repérer avec lui les mots-clés.

3 QUESTIONS À PIERRE-HENRI TAVOILLOT*, PHILOSOPHE

Vous avez été mandaté comme expert en histoire, il y a quelques années au conseil national des programmes. Quelle est la perception du temps chez un enfant, du CE2 au CM2 ?

Pendant les premières années de sa vie, un enfant, centré sur lui-même, vit dans un présent narcissique. Le passé n’est qu’un bloc indistinct. À partir du CE2, cela s’affine un peu, mais la frise chronologique s’ac- quiert à long terme. C’est la raison pour laquelle un enfant peut demander à ses parents s’ils vivaient au temps des calèches !

Sont-ils sensibles aux grands événements historiques ?

Pas encore ! Cela n’arrive qu’au collège. En primaire, ils continuent à adorer qu’on leur raconte des petites histoires. L’enseignement de l’Histoire doit le prendre en compte, et prendre appui sur les personnalités fortes, héros, chevaliers, pirates, rois et reines... C’est ainsi qu’on les nourrit : en leur faisant vivre de grandes émotions via de belles histoires...

Quel support pédagogique leur fournir à la maison ?

Les petits romans, les biographies et les bandes dessinées historiques sont idéaux jusqu’au début du collège. Chaque chose en son temps : en primaire, l’enfant n’a pas les moyens intellectuels de faire de l’historiographie ! Or, ça n’est qu’au lycée que l’on commence à avoir le sens de l’histoire.


* auteur de Les âges de la vie (Pluriel)

INSTAUREZ UNE DISCUSSION

L’objectif n’est pas qu’il vous récite par cœur sa synthèse mais qu’il la mette en récit, qu’il vous la raconte un peu comme s’il avait vécu à cette période de l’histoire. Pour l’y inviter, dites-lui, par exemple : « Tu es le professeur et moi je suis ton élève. Explique-moi ce qui s’est passé à cette époque et montre-moi en même temps les documents qui peuvent le prouver. » Cela va vous permettre d’évaluer la cohérence de son propos : son récit a-t-il du sens ? Ses idées s’enchaînent-elles correctement ? Appréhende-t-il bien les liens de cause à effet ? Se sert-il du vocabulaire spécifique de la leçon et l’utilise-t-il à bon escient ? Votre enfant doit être capable de parler des événements et des grands personnages qui ont marqué la période étudiée, mais également des changements politiques, voire géographiques, qui en ont découlé.

APPROFONDISSEZ LES DOCUMENTS ANNEXES

Au cours de son récit, pour étayer son propos, votre enfant a normalement dû naviguer d’un document à l’autre. Il n’est pas inutile que, toujours à l’oral, vous y reveniez avec lui. Servez-vous des questions qui, en général, les accompagnent et n’hésitez pas à aller plus loin. L’objectif, c’est d’aider votre enfant à y puiser des informations mais également, dans une démarche d’historien, à y porter un regard critique. Si c’est un texte, un tableau, une affiche, il est important qu’il les situe bien dans le temps et qu’il comprenne qui en est l’auteur. Terminez la séance en revenant au point de départ : une dernière re- lecture de la trace écrite, avec la possibilité pour votre enfant, cette fois, de faire des digressions à partir d’un mot-clé en ajoutant des détails qu’il a découverts grâce aux documents. Enfin, proposez-lui d’écrire sur une feuille les mots et noms propres difficiles, afin qu’il sache orthographier les deux ou trois dates clés de cette période.

Lise DUPAS