Grand oral : Comment aider votre enfant

Comment accompagner votre enfant à la maison et comment l'aider à argumenter ses choix d'orientation devant le jury.

Comment l’aider à la maison ?

Le grand oral combine deux formes de discours : le dis- cours argumentatif – qui demande de convaincre et de faire part de ses connaissances – et le discours explicatif. Ce dernier n’est pas si facile. À titre d’exemple, n’hésitez pas vous-même à témoigner de situations professionnelles où vous devez fournir des explications. Pour l’entraîner, demandez également à votre enfant d’expliquer les règles principales et secondaires d’un jeu de société, les objectifs, les stratégies à développer. Lorsqu’il prend la parole, incitez-le à donner des exemples, à reformuler. Invitez-le à s’enregistrer ou à se filmer, à s’inspirer des techniques de vidéastes de talent sur YouTube. Le jour J, on ne lui demandera pas de réciter un texte qu’il aura appris par cœur. Votre enfant arrivera sans notes et devra s’adapter à son auditoire. Apprenez-lui également à écouter attentivement les questions qui lui sont posées et à se montrer attentif, par exemple, en hochant la tête. Enfin, dites bien à votre enfant de ne pas se focaliser sur l’aspect scénique. Le grand oral n’est pas un concours d’éloquence.

Hélène Guillerme formatrice à l’association Didact@Lyon 

Que dire si les choix de spécialités ne sont pas vraiment cohérents ?

Le troisième temps du grand oral aborde le lien entre la question traitée et le projet d’orientation, c’est pour le lycéen l’occasion de prendre du recul, de justifier ses choix de spécialités. Il peut tout à fait expliquer pourquoi ses options ne se sont pas révélées judicieuses pour lui. Ce qui pourrait alors justifier la faiblesse de la présentation de sa question. Le plus important est que le propos soit argumenté. Tâtonner, essayer, c’est recevable. Ce qui est demandé à l’élève, c’est de faire de son mieux. Il n’est pas pénalisant d’avoir changé de projet en cours de route, voire de se rendre compte que telle matière, qui l’attirait initialement, le déçoit ou ne l’intéresse pas. Ne pas se cantonner à j’aime ou je n’aime pas, il faut savoir étayer son propos.

Anne-France Hun enseignante, chargée de mission à la direction diocésaine de l’enseignement catholique de la Somme 

Mon projet d’orientation n’est pas abouti. Que vais-je argumenter devant le jury ?

Être en questionnement, quoi de plus noble. Le jury n’est pas là pour juger votre projet d’orientation ni sa linéarité. Ce n’est pas le candidat qui est jugé, mais sa capacité à présenter son parcours, ses questionne- ments, ses attentes... Le grand oral est l’occasion de parler des rencontres qu’il a pu faire pour découvrir tel métier. Il s’agit de décrire le chemin emprunté même si ce n’est pas une autoroute toute tracée. Tout se joue dans la capacité du jeune à tenir un discours réfléchi.

Anne-France Hun enseignante, chargée de mission à la direction diocésaine de l’enseignement catholique de la Somme 

Comment supprimer les tics de langage ?

LES TICS QUI RENDENT LE PROPOS PLUS EXPLICITE

Par exemple, la conjonction « donc », qui indique une conséquence, ou la locution « en fait », qui aidera le candidat à faire une mise au point. Ces tics ne sont pas forcément à censurer, à condition d’aider votre enfant à bien réfléchir à leur sens et à trouver des synonymes pour éviter les répétitions.

LES TICS QUE L’ON EMPLOIE SOUS LE COUP DE L’ÉMOTION COMME DES BÉQUILLES

Inutile de trop se focaliser sur eux. Si votre enfant s’est bien entraîné au préalable, il aura conscience de ses tics et il pourra réajuster son propos. À lui conseiller : oser des moments de silence au cours de son oral et éviter de parler tout le temps.

Sur les conseils d’Hélène Guillerme formatrice à l’association Didact@Lyon 

Et si le grand oral se passait en visio ?

La principale problématique de la visioconférence, c’est la question de l’égalité territoriale face au numérique. Pour la garantir, il faudrait pouvoir accueillir les élèves dans un lycée avec une bonne connexion et quelqu’un qui puisse non seulement surveiller le déroulement de l’épreuve, mais aussi régler d’éventuels problèmes. Si cela se passe dans un cadre non scolaire, dans l’intimité, la prise d’image et de son est un vrai problème. Je conseille, par exemple, de se filmer devant un mur neutre ou de flouter le décor pour éviter le biais de l’évaluation sociale par le jury. Comme la présentation doit se faire debout, des scotchs au sol permettent de repérer ce qui est dans le cadre. Si l’élève s’éloigne trop, la voix ne porte plus.

Solveg Wattel professeure de lettres au lycée Montalembert, à Nogent-sur-Marne (94), et formatrice à l’Isfec d’Ile-de-France 

CLAIRE ALMERAS, SYLVIE BOCQUET, BRIGITTE LANCIEN ET ISABELLE MARADAN

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