Des écoles différentes pour tous ?

Père Faure, Montessori, Freinet... les pédagogies alternatives ont de l’avenir.

« IL FAUDRA MUTUALISER LES COMPÉTENCES »

NÉES IL Y A PLUS D’UN SIÈCLE, les pédagogies se réclamant de l’éducation nouvelle (Montessori, père Faure, Freinet...) ont toujours le vent en poupe. « Ces pédagogies ont conservé la longueur d’avance qu’elles avaient au début du XXe siècle car elles partent des besoins de l’enfant, estime Marie-Laure Viaud, maître de confé- rences en sciences de l’éducation à l’université Lille- Nord. Aujourd’hui, elles répondent à une réelle demande. Mais pour qu’elles se développent, il faut une volonté politique. »

Et dans l’Enseignement catholique ? « Il s’inscrit, comme les pédagogies nouvelles, dans une visée d’humanisation et d’éducation intégrale, explique Marie- Odile Plançon, chargée de mission au département éducation du Secrétariat général de l’Enseignement catholique. Pour cela, la pensée de Maria Montessori, du père Faure, les démarches de Célestin Freinet ou de Fernand Oury sont réactualisées par les enseignants et donnent lieu à des pratiques comme le conseil des élèves, l’entrée dans les apprentissages par l’action, le développement de l’intériorité et de l’attention... »

D’autres mouvements émergent comme celui des écoles démocratiques. « Il a démarré en France en 2014 et, depuis, une quarantaine d’établissements a ouvert, précise Marie-Laure Viaud. Cette pédagogie part du principe que si on laisse faire l’enfant, il apprendra ce dont il a besoin, à condition de se trouver dans un envi- ronnement riche et ouvert. »

CROISER LES MÉTHODES

Autre lame de fond : l’engouement pour l’école dans la nature. Enfin, la révolution technologique incite les enseignants à prendre leurs distances avec le cours magistral et à imaginer d’autres approches : classes mutuelles, inversées, etc. « La nouveauté c’est qu’avant les écoles se référaient à un pédagogue. Aujourd’hui, les jeunes enseignants puisent leurs influences à différentes sources », analyse Marie-Laure Viaud.

Les pédagogies alternatives devraient donc continuer de se diffuser, le Web faisant activement circuler les idées. « Actuellement, le meuble à tiroirs Montessori se développe dans les maternelles, constate Marie-Laure Viaud. Cela peut paraître anodin mais cela change le regard de l’enseignant : ce n’est plus lui qui décide de l’activité, mais l’élève. Il voit alors que celui-ci peut apprendre de façon autonome. »

Noémi CONSTANS

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