Enfants précoces : qui sont-ils ?

La précocité, bonheur ou malheur ? Une réalité en tout cas complexe. Appellations variées, contradictions entre les études scientifiques et les pratiques cliniques et enseignantes, idées toutes faites et réponses faciles… Voilà de quoi alimenter les interrogations et les doutes des parents.

© Chloé Alméras

Définition

Est considéré comme enfant intellectuellement précoce (EIP) un enfant dont le QI est supérieur à 130, c’est-à-dire 30 points au-dessus du QI moyen de la population générale, et qui a un développement dyssynchronique (défini par le psychologue Jean-Charles Terrassier). C’est-à-dire un décalage entre son développement psychomoteur, affectif, et ses capacités intellectuelles. 

Les tests de QI

Quels tests ?
On ne pourra déterminer qu’un enfant est surdoué qu’après lui avoir fait passer des tests dits d’intelligence, comme les échelles d’intelligence de Wechsler. En France, une autre échelle est reconnue et validée : le K-ABC. 

Qui les fait passer ?
Les psychologues sont les seuls professionnels habilités à le faire. Le test est forcément individuel, jamais collectif. 

À quel âge ?
En théorie, les tests sont validés à partir de l’âge de 2 ans et demi. À ce moment de la vie, les résultats peuvent être faussés par le stade de développement où se trouve l’enfant. Mieux vaut donc les pratiquer à partir de 6 ans. 

Que mesure-t-on ?
L’enfant est soumis à une diversité d’épreuves (jamais une seule). Au nombre de 10, elles se regroupent en quatre sous-échelles : compréhension verbale, raisonnement perceptif, mémoire de travail, vitesse de traitement. Quatre indices sont déterminés qui, combinés entre eux, aboutissent au calcul du QI, valable pour toute la vie. 

Quels résultats ?
Un enfant est dans la normale quand son QI est compris entre 85 et 115. Entre 115 et 130, il est plus intelligent que les enfants de son âge. Un QI au-dessus de 130 n’est pas le signe d’une intelligence quantitativement supérieure, mais d’une manière de fonctionner différente de celle des autres enfants, y compris des plus brillants. Ces tests de QI doivent être complétés par des tests et entretiens complémentaires avec un psychologue. 

Lise Dupas, avec Jeanne Siaud-Facchin

Dénomination

En France, ils ont plusieurs noms. Ils sont surdoués, précoces, enfants intellectuellement précoces (EIP), enfant HP (haut potentiel), enfant HQI (haut quotient intellectuel), ou encore zèbres (selon l’appellation de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin). En anglais, on les appelle « gift ed » (doués, talentueux).

Une soixantaine d’établissements, dont beaucoup de l’Enseignement catholique, proposent un accueil spécifique pour les enfants intellectuellement précoces. 

Quelques dates

1946
Année où le terme « surdoué » est employé pour la première fois par Julien de Ajuriaguerra, neuropsychiatre et psychanalyste français. 

2002
Avec le rapport Delaubier « La scolarisation des élèves intellectuellement précoces », l’Éducation nationale s’empare du sujet. Aux États-Unis, la prise en compte date de 1981. 

2007
Des leviers institutionnels existent :

  • un référent EIP dans chaque rectorat ;
  • des programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE) dans le 1er et le 2nd degré. 

Liens utiles

Association nationale pour les enfants intellectuellement précoces

Association française pour les enfants précoces

Eduscol

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