Des expériences sur le terrain

Des réunions pour informer les parents

L’Apel nationale propose aux Apel d’établissements d’organiser des Rencontres parents-école®. Des soirées thématiques animées par des parents bénévoles formés pour que les membres de la communauté éducative s’informent et discutent. Dans son académie de Martinique, Francianne Lacroix a animé, en présence d’une psychologue, plusieurs Rencontres parents-école® sur le thème du harcèlement. « Les parents sont inquiets. En primaire, nous avons dû organiser deux soirées, dans un même établissement, pour répondre à la demande, raconte Francianne. Il est très important que le harcèlement ne soit pas un sujet tabou, mais devienne la préoccupation de tous. »

À l’issue d’une rencontre, au séminaire collège Sainte- Marie, à Fort-de-France, l’équipe éducative et les parents ont décidé de mettre en place un projet annuel autour du harcèlement : de faire de la prévention auprès des élèves, en cours d’enseignement moral et civique (EMC), en adaptant la Rencontre parents-école® sur le harcèlement aux élèves, de proposer des ateliers de forum théâtre, des séances vidéo.

Le jeu des trois figures pour prendre conscience

À partir d’une image que les enfants ont vue sur les écrans et qu’ils choisissent, l’enseignant et les élèves construisent une histoire qu’ils vont ensuite jouer. Tous ne sont pas obligés de participer. Mais s’ils acceptent, ils endossent successivement tous les rôles : la victime, l’agresseur et le redresseur de torts. Ce jeu permet de se défouler, de faire ressortir les émotions et de mettre des mots dessus, puis de se mettre à la place de l’autre. « Il y a de réels changements dans le climat de la classe, constate Pierre Bertrand, enseignant formateur qui utilise ce jeu en maternelle. Les élèves osent parler aux adultes. Et les comportements chan- gent. Ceux qui ont tendance à être des victimes sortent de ce rôle et les enfants les plus difficiles réfléchissent à leurs comportements. Ce jeu est très apprécié des enfants eux-mêmes, qui le réclament d’une année sur l’autre. »

Le jeu des trois figures (voir ci-dessous) inventé par Serge Tisseron, en 2007, pour lutter contre les effets de l’exposition des enfants à des images violentes qu’ils ne comprennent pas ou qui les choquent, peut être proposé en classe par des enseignants formés.

La médiation pour apaiser le climat

Au collège Saint-Louis de la Guillotière, à Lyon, la question du climat scolaire est prise à bras le corps depuis des années. Élèves et enseignants ont été formés à la médiation pour régler les petits conflits. « Nous avons recours à la médiation qui crée un environnement favorable à partir duquel nous avons pu réfléchir à la prévention du harcèlement », précise Véronique Jubault, présidente de l’Apel. « Personne ne peut dire, “chez nous il n’y a pas de harcèlement”, constate Nicolas Gourlier, le chef d’établissement. Et, en cas de harcèlement, ce sont les adultes qui doivent intervenir. Ce serait mettre les élèves en difficulté que de leur laisser entière autonomie pour gérer cela. » De nombreux lieux et temps de parole sont proposés aux élèves. « Bien souvent, le harcèlement débute sur les réseaux sociaux, poursuit Nicolas Gourlier. Pour lutter contre, la co-éducation que nous partageons avec les parents, est primordiale. » C’est bien ensemble, avec un même discours de prévention assumé et répété, que les choses évolueront. Dans ce but, l’établissement et l’Apel ont un projet de théâtre forum sur le harcèlement destiné aux élèves de 6e.

Ajouter un commentaire

Les réactions à cet article (0 commentaire)

    Soyez le premier à laisser un commentaire.

Voir plus de commentaires