Enfants précoces : comment les accompagner à la maison ?

Assoiffés de culture, bouillonnants, hypersensibles… Comment vivre au jour le jour avec ces enfants particulièrement vifs ? Peut-être en instaurant, avant tout, des règles. Et en s’y tenant.

© Florence Brochoire

MAINTENEZ LE CADRE

À la maison, ils posent mille et une questions. Et sont d’habiles négociateurs surtout quand il s’agit… de préserver leurs intérêts. « Les enfants précoces n’ont pas leur pareil pour ergoter jusqu’au moment où ils vont débusquer nos contradictions », décrypte la thérapeute Nathalie Favre. Aux parents de ne pas se laisser faire. « Il faut rester ferme et trancher par : “C’est comme ça et pas autrement”, recommande Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne. Il faut maintenir la règle des 3 C. Clarté : on explique clairement le pourquoi des consignes. Cohérence : on ne fait aucune exception à la règle sans l’expliquer. Consistance : on reste un parent fidèle à ses valeurs. » 

NE LES RÉDUISEZ PAS À LEUR QI

De façon générale, ils ont besoin d’être sortis de leur bulle d’isolement. Il faut surtout éviter de les réduire à leur précocité ! Sinon ils risquent de devenir asociaux et imbus d’eux-mêmes. S’ils sont au courant de leur spécificité, à nous de leur préciser que ça n’est qu’une composante de leur caractère… On n’est pas une belle personne parce qu’on est surdoué ! 

Frères et soeurs... on ne les compare pas !

Même si la précocité est souvent d’origine génétique, les fratries ne sont pas toutes composées de hauts QI. Sans valoriser une forme d’intelligence plus qu’une autre, on peut souligner ce qui fait la spécificité de chacun : « Tu te débrouilles très bien au solfège alors qu’Arthur est incapable de lire trois notes. » « Ton intelligence est plus méthodique, tu structures mieux. » « Tu as une sensibilité d’artiste. » Selon Jeanne Siaud-Facchin, « il est toujours utile de fournir à l’enfant une sorte de “carte du territoire”, avec ses atouts et ses faiblesses ».

GÉREZ LEUR HYPERSENSIBILITÉ

Ils sont à fleur de peau ? En proie à une empathie démesurée ? Tristes ou colériques ? Aux parents d’en tenir compte. On oublie trop le fond mélancolique de ces enfants, souvent bien plus lucides sur le monde que les autres. Il est important de recueillir leurs états d’âme, mais aussi de les entraîner vers le positif, en leur demandant, par exemple, de lister tous les soirs trois sources de joie qu’ils ont éprouvées pendant la journée. S’ils sont colériques et impatients, à nous de leur apprendre à gérer la frustration. Attention également aux filles, souvent plus conciliantes que leurs alter ego masculins. L’inhibition est aussi une forme d’adaptation, mais c’est coûteux pour l’enfant. Poussez-les à s’exprimer…

A lire

Comment accompagner les enfants intellectuellement précoces, de Monique Binda et André Giordan, Delagrave, 2017

Le haut potentiel en questions, de Sophie Brasseur et Catherine Cuche, Mardaga, 2017

Mon enfant est précoce, guide à l’usage des parents désorientés, de Nathalie Favre, Leduc.S éditions, 2018

L’enfant précoce aujourd’hui. Le préparer au monde de demain, de Monique de Kermadec, Albin Michel, 2015.

L’enfant précoce au quotidien, de Béatrice Millêtre, Payot, 2015 et Sois qui tu es, Payot, 2019

100 idées pour accompagner les enfants à haut potentiel, d’Olivier Revol et Roberta Poulain, Tom Pousse, 2015

L’enfant surdoué, de Jeanne Siaud-Facchin, Odile Jacob, 2012

Guide pratique de l’enfant surdoué, de Jean-Charles Terrassier, ESF, 2016

Les enfants intellectuellement précoces, de Gabriel Wahl, PUF, 2017

NE LES SURCHARGEZ PAS…

Faut-il absolument les « nourrir » d’activités diverses ? « Certainement pas, répond Jeanne Siaud-Facchin. La maison doit être pour eux un havre de sécurité, un lieu où se ressourcer, sans enjeu, qui permet à ces enfants souvent perfectionnistes de relâcher la pression. » Aux parents de proposer. Sans imposer. Le sport peut être une bonne façon de leur donner confiance en eux. De façon générale, la créativité et l’art sont très recommandés. « C’est une manière d’exprimer la quintessence de sa personnalité et de sa sensibilité, explique Jeanne Siaud-Facchin. C’est essentiel pour eux. » En revanche, comme ils apprennent vite (y compris dans les activités extrascolaires) et s’ennuient parfois beaucoup en classe, ne soyez pas étonnés qu’ils souhaitent abandonner une activité pour en découvrir une autre l’année d’après. 

Sophie Carquain

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