Maths : épauler son enfant sans se crisper

L’apprentissage des mathématiques pose souvent problème. Famille & éducation vous donne des clefs pour aider vos enfants à la maison.  

« JE N’Y COMPRENDS RIEN », « les maths, ça ne sert à rien»,«je n’y arrive pas »... S’il y a une discipline qui peut semer la zizanie à la maison, ce sont bien les maths ! Voici quelques astuces pour ne pas en faire un sujet de discorde. 

TRAVAILLER LA CONFIANCE EN SOI

Lorsqu’un enfant se décrète « nul en maths », il n’est pas dans les meil- leures dispositions pour lever ses points de blocage. « Contrairement à d’autres matières comme l’histoire, où l’on aborde une période par année, on est toujours en train de construire sur ce que l’on sait », rappelle Steven Diot, docteur en mathématiques appliquées et fondateur du site Les Maths en Tongs. L’élève doit prendre conscience qu’il maîtrise des bases. « Il faut revenir à ce qu’il sait faire, remonter jusqu’à une notion qu’il connaît et sait utiliser », précise-t-il. 

QUATRE JEUX POUR DÉVELOPPER SON ESPRIT MATHÉMATIQUE

Les pistes à suivre de Stéphane Robert, membre de l’association Ludimaths

EN MATERNELLE
travailler la géométrie dans l’espace avec Lapin et magicien, où l’enfant reproduit une image en associant des pièces 3D. 

EN ÉLÉMENTAIRE
mobiliser les nombres et le calcul mental avec Match point, une sorte de domino dont l’objectif est de faire des calculs pour positionner de façon optimale les pièces.

AU COLLÈGE
avec le jeu de stratégie Take it Easy, les jeunes doivent créer le meilleur alignement possible avec les mêmes pièces que leurs adversaires. Avec Par Odin, sur fond de mythologie viking, on travaille les notions d’équation et d’inconnue, sans «x» ou «y» ! 

TROUVER LE BON SOUTIEN

Souvent, l’enfant ou le jeune adolescent en difficulté aura tendance à se tourner vers ses parents. Mais les parents découvrent souvent que les programmes ont beaucoup changé !
« L’accompagnement ne repose pas uniquement sur les connaissances. Aider son enfant, c’est aussi l’encourager », souligne un formateur. « Quand il y a une confusion entre addition et multiplication des fractions, expliciter sa démarche, son calcul, peut permettre à l’élève de se rendre compte de son erreur », poursuit-il.

Le parent n’est pas toujours le meilleur interlocuteur. Si les relations sont conflictuelles, l’enfant va rapidement se braquer. Le cours de soutien est une solution, avec un professeur particulier ou un étudiant, au sein d’une association locale ou de réseaux d’aide spécialisés. Se faire expliquer un concept par quelqu’un qui emploiera d’autres termes que l’enseignant peut être un vrai révélateur. Attention : si l’enfant n’est pas motivé, lui imposer une ou deux heures de maths hebdomadaires en dehors de l’école ne servira à rien. De même, lorsque le soutien porte sur le cours du moment mais qu’il manque à l’élève des bases, c’est, là encore, voué à l’échec.

Et si l’aide venait des camarades de classe ? « Quand un élève pose une question à un professeur ou à un adulte, il va avoir l’impression d’être jugé et n’osera pas forcément. Avec ses camarades, c’est plus facile », relève Mélissa Raymond, professeure au collège. C’est en donnant à ses collégiens de 4e un problème dans lequel il fallait appliquer Pythagore qu’elle a pu le constater : en groupe, les résultats étaient beaucoup plus probants et les élèves en difficulté plus impliqués.

UTILISER DES OUTILS D’APPOINT

Un nombre incalculable de ressources en ligne existe pour accompagner votre enfant. Attention, toutes ne sont pas de qualité. N’hésitez pas à demander conseil au professeur de votre enfant pour vous décider. Les adolescents fans des youtubeurs trouveront leur compte dans les capsules vidéo : courtes et pédagogiques, elles expliquent un concept, une opération, une notion, comme sur le site M@ths et tiques, au collège et au lycée.

Comme en sport, l’entraînement et la répétition sont les bases de la performance. Vous pouvez avoir recours à des exerciseurs, des logiciels générant des exercices interactifs et autocorrectifs, tels que les sites Matika ou Jeuxmaths.fr, du primaire au lycée. Le mieux est d’accompagner son enfant sur le site, afin de comprendre où se situent ses difficultés et l’orienter vers la partie de cours correspondante.

S’AMUSER AVEC LES MATHÉMATIQUES

Pour les élèves qui décrochent en maths, le problème vient souvent d’un manque de motivation. « Il faut parvenir à donner du sens aux mathématiques », estime Jérôme Billaud. Ce professeur a utilisé au cours de l’année des jeux mathématiques avec ses élèves de 6e. « Les élèves en difficulté finissaient parfois premiers ou seconds. Même s’ils étaient encore maladroits avec les notions, ils étaient davantage à l’aise avec le vocabulaire, la géométrie. Si on réussit à valoriser les élèves, on peut les amener sur le chemin de la réussite », constate-t-il.

À la maison, le jeu Juniper Green permet de travailler les opérations. Sur une grille de numéros allant de 1 à 100. Les participants, à tour de rôle, cochent le diviseur ou le multiplicateur d’un nombre indiqué par les adversaires. L’enfant peut aussi jouer, seul ou en duel, avec l’application Mathador : à partir de nombres donnés, il doit faire le maximum d’opérations possibles pour gagner des points. 

Les jeux ont cependant leurs limites. « Ce n’est pas ainsi que l’on comprendra un concept ou une notion. Mais on peut développer des compétences ou des automatismes », tempère Stéphane Robert, enseignant.
« Rédiger, bien organiser ses idées, faire une rédaction soignée... Le jeu ne se prête pas non plus à la dimension écrite requise en mathématiques », ajoute Jérôme Billaud. C’est une belle entrée en matière. Mais elle n’est pas suffisante.

Par Eva MIGNOT

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