Nos conseils pour réussir dans la voie pro

S’engager dans la voie professionnelle doit relever d’un choix d’orientation non subi. Nos conseils pour mettre toutes les chances de son côté 

Réfléchir en amont

Que ce soit en filière professionnelle ou générale et technologique, un projet d’orientation se réfléchit dès la 5e ou la 4e. Cela signifie apprendre à se connaître. « C’est trop vaste de prendre la question en son entier. Le jeune doit décortiquer : est-ce que j’aime les gens, les animaux, la nature ? Est-ce que j’aime apprendre, exécuter, déléguer, créer, prendre soin, argumenter, etc., conseille Évelyne Crozet, responsable du Service information et conseil aux familles (ICF) de l’Apel Loire Sud. Il est important aussi que le jeune réfléchisse à ses points d’appuis et à ses points d’amélioration. Un jeune ne se résume pas à ses résultats scolaires, surtout si ceux-ci sont moyens. » Cette introspection peut se faire seul, avec les pairs, les parents, les enseignants ou des conseillers d’orientation.

Consolider son projet

Choisir entre un bac pro ou un CAP est une première étape. Ensuite, il faut se renseigner sur les compétences attendues et sur les familles de métiers envisagées, chacune ayant ses particularités. Rencontrer des professionnels pourra guider le jeune dans ses choix. Si Internet regorge de vidéos présentant les métiers en détails, il est primordial de se rendre aux journées portes ouvertes des établissements. « Je conseille aux collégiens de discuter avec les élèves de première année pour savoir ce à quoi ils seront confrontés dès la seconde. Mais aussi avec les élèves de terminale qui se projettent soit dans leur futur métier soit dans la poursuite d’études, explique Évelyne Crozet. C’est motivant et ça aide à mûrir le projet. »

Enfin, tous les lycées professionnels peuvent accueillir des élèves de 4e ou 3e pour passer quelques heures avec les élèves de bacs pros pendant un cours professionnel. « Cela nécessite une convention de stage passée entre le collège et le lycée. Je recommande vivement ces mini-stages ou stages d’immersion car c’est aussi l’occasion de prendre le pouls d’un établissement », conseille Ghyslaine Brun, chef d’établissement du lycée professionnel Sainte- Marie, à Saint-Étienne (42).&nb

LA 3E PRÉPA-MÉTIERS

Cette classe, proposée dans certains établissements, offre la possibilité aux élèves qui s’interrogent de découvrir, dès la 3e, ce que recouvre la filière professionnelle, notamment les enseignements professionnels. Elle ne pré-oriente pas les collégiens qui pourront poursuivre leur scolarité en seconde générale et technologique aussi bien qu’en seconde professionnelle. En plus des 25 heures d’enseignements généraux, les élèves bénéficient de 180 heures annuelles consacrées à la découverte des métiers et des formations professionnelles.

NE PAS SE RELÂCHER

Négliger les matières générales est un mauvais calcul car elles sont aussi importantes que les matières professionnelles. « Certes le volume de travail personnel est moindre qu’en filière générale, mais ce serait une erreur de se relâcher », prévient Ghyslaine Brun. D’autant plus qu’avec la co-intervention, les matières générales prennent encore plus de sens puisqu’elles sont aussi abordées pendant un cours d’enseignement professionnel. 

AVOIR LA BONNE ATTITUDE

Qu’il s’agisse des matières générales ou professionnelles, il est primordial d’être attentif en cours, d’écouter ce que dit l’enseignant, mais aussi les questions des autres élèves. Et surtout de ne pas hésiter à participer. En voie professionnelle, c’est en groupe qu’on apprend. « La filière professionnelle demande à l’élève de l’autonomie, de la curiosité et l’envie d’apprendre, précise Ghyslaine Brun. Les cours ne sont pas magistraux. Les enseignants partent de scénarios et demandent aux élèves d’aller eux-mêmes chercher l’info. » En filière professionnelle, le travail en équipe et la collaboration font aussi partie des apprentissages. 

PRENDRE AU SÉRIEUX LE CHEF-D’ŒUVRE

Le chef-d’œuvre, une des nouveautés du bac professionnel, est l’occasion de valoriser le travail des élèves. Ce travail débute en première et se prépare en deux ans avec le soutien de l’équipe enseignante. Des heures de méthodologie, de présentation à l’oral, d’aide à la recherche documentaire sont prévues pour accompagner les élèves. Selon les filières de métiers, le chef d’œuvre peut être une réalisation individuelle ou collective. 

BIEN CHOISIR SES STAGES

Les stages figureront dans les futurs CV des bacheliers. « Les jeunes doivent être exigeants avec eux-mêmes, explique Franceline Giroux, directrice adjointe et responsable de l’apprentissage au lycée professionnel Les Portes de Chartreuse, à Voreppe (38). Il ne faut pas choisir la facilité ni se contenter de l’entreprise voisine que l’on connaît. Les lycéens doivent choisir leurs stages en fonction de leur projet professionnel. Varier les lieux, les types de structures, les expériences est primordial. » 

CLAIRE ALMÉRAS

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