Respecter la nature

Sur les huit millions d’espèces végétales et animales, près d’un million pourrait disparaître dans les prochaines décennies, selon un récent rapport de l’ONU sur la biodiversité. Autre constat alarmant : trois quarts des surfaces terrestres, 40 % de l’environnement marin et la moitié des cours d’eau sont « gravement altérés ».

A gauche : ours polaire marchant sur la banquise qui fond dans l’Arctique russe
A droite : immeuble à énergie passive, éco-quartier vauban, Fribourg-en- Brisgau, en Allemagne

« Les zones mortes se multiplient dans les océans, ce sont des zones polluées où la vie n’est plus possible », alerte Florentine Leloup, secrétaire générale de la Fondation Maud Fontenoy. « 450 zones ont été répertoriées sur la planète, soit l’équivalent de la surface du Royaume-Uni. » Le changement climatique entraîne l’apparition d’algues vertes qui s’échouent le long des plages et le blanchiment des coraux. « Il y a dix fois plus d’épisodes de blanchiments qu’il y a 30 ans, et ces épisodes, habituellement espacés de 25-30 ans, sont aujourd’hui espacés de 3 ans, ce qui laisse peu de temps à la régénération des coraux. »

Aujourd’hui, 500 millions de personnes dépendent économiquement et nutritionnellement de la bonne santé des récifs coralliens. 20 à 25 % des récifs ont complètement disparu, pas seulement à cause du réchauffement climatique et de la pollution mais aussi à cause des politiques d’aménagement des côtes. Les glaciers sont eux aussi menacés. En un demi-siècle, ils ont perdu plus de 9 000 milliards de tonnes de glace, contribuant à la hausse du niveau marin. D’après le glaciologue Emmanuel Thibert, « nous perdons chaque année l’équivalent d’environ trois fois le volume de glace stocké dans l’ensemble des Alpes européennes ».

Comment agir ?

ATTENTION AU PLASTIQUE. Vous pouvez commencer par ne plus acheter de bouteilles en plastique. Privilégiez l’eau du robinet en carafe, avec un filtre, si nécessaire. Pourquoi ne pas introduire quelques aliments en vrac dans votre cuisine ? Vous aurez alors moins d’emballages à jeter. Privilégiez ce qui est produit localement et limitez ce qui vient de loin et qui implique la fabrication de CO2. Vous pouvez, par exemple, faire vos courses au marché ou chez les producteurs locaux de votre quartier, et réduire ainsi vos déplacements en voiture vers les grandes surfaces.

STOP À LA PÉTROCHIMIE. Soyez vigilants à la composition des produits ménagers et des cosmétiques. Il est très fréquent de retrouver des billes de micro-plastiques dans les savons liquides et les lessives. L’idéal serait d’opter pour l’auto-fabrication mais, si vous manquez de temps, tournez-vous vers des produits éco-labellisés, moins polluants. Attention aux crèmes solaires que vous mettez sur votre peau et qui se dissolvent dans la mer. Choisissez des crèmes avec des filtres minéraux. Ayez une seule chose en tête : lorsque vous prenez soin de vous, prenez aussi soin de l’environnement.

DES JEUX ÉCO-RESPONSABLES. Pas facile de trouver des cadeaux écologiques pour ses enfants. L’idéal serait de bannir le plastique et de leur offrir des jeux et jouets en bois labellisés pour ne pas participer à la déforestation. Si vous ne trouvez pas votre bonheur, optez alors pour des objets de deuxième main. Sensibilisez vos enfants à la biodiversité en leur proposant des activités ludiques, comme construire un hôtel à insectes ou encore un nichoir à oiseaux qu’ils pourront installer sur le balcon ou dans le jardin.

Relever les défis

Vers le « zéro déchet »

« L’arrivée de mes jumelles il y a quatre ans m’a fait passer un cap dans le “zéro déchet” à la maison. » Avant d’agrandir sa famille, Julie Gagnaire avait déjà remplacé le papier aluminium, le film plastique et le papier sulfurisé par des cotons alimentaires induits de cire d’abeilles, des charlottes en tissu recouvre-plats et une toile de cuisson en silicone. Pour ses filles, elle n’a pas voulu acheter de lingettes et couches jetables. « En achetant des cotons et des couches lavables, nous avons aussi fait des économies d’argent, tout en maîtrisant ce que nous mettons sur les fesses de nos filles », indique-t-elle. Aujourd’hui, la famille privilégie le vrac.
« Nous prenons des sacs en coton lorsque nous allons chez le producteur et nous ne faisons presque plus nos courses au supermarché. » Un mode de vie qui ne laisse rien au hasard. « Je ne jette rien : ou je donne ou je recycle. Chaque étape que nous franchissons est un pas en avant vers une planète plus propre pour nos enfants. »

Une vie proche de l'essentiel

C’est un virage à 360° que Cécile Wattel et Olivier Gilet ont entrepris il y a maintenant huit ans avec leurs deux enfants, Jolann et Mélyne, aujourd’hui âgés de 13 et 11 ans. La famille habite au éco-hameau du Ruisseau à Moisdon-la-Rivière, en Loire-Atlantique, et partage les lieux avec trois autres foyers. « Notre vie ne correspondait plus à nos valeurs. Nous avions besoin de revenir à l’essentiel », explique Cécile. Installés d’abord dans une yourte, ils ont pris le temps de construire avec des matériaux locaux leur propre logement en bois, terre et paille. « Nous nous chauffons grâce à des panneaux photovoltaïques, une éolienne et des chauffe-eaux solaires. Nous n’utilisons que de l’eau de pluie filtrée. » L’alimentation de la famille est, elle aussi, revenue à l’essentiel. « Notre jardin en permaculture nous permet d’être autonomes à 80%. Pour le reste, nous sommes en lien avec les producteurs du coin. Nous essayons d’être le moins possible dépendants de la consommation. »

Le végétarisme s'invite à table

Chez les Rodrigues, ce sont les deux aînées, Laure, 18 ans et Juliette, 16 ans, qui ont introduit le végétarisme dans la famille. " Elles sont de cette génération très engagée dans l'écologie et le bien-être animal. Je crois qu'il y a beaucoup de symbolique derrière ce choix » , explique leur père, Joseph. Ce sont les images choquantes de maltraitance animale qui ont poussé Laure vers le végétarisme. « Au départ je me suis dit :
j'aime tellement la viande, je ne pourrai pas arrêter. Puis j'ai réalisé que raisonner ainsi, c'était égoïste et j'ai pris mes responsabilités », témoigne-t-elle. Juliette, elle, a pris cette décision à cause de la pollution produite par les élevages. « Si nous accompagnons le choix de nos grandes en supprimant la viande, explique Joseph, cela ne nous empêche pas d’en cuisiner parfois pour Louise, leur petite sœur de 10 ans, qui a du mal à adhérer à ce choix. Quant à nous, nous sommes flexitariens, si nous sommes invités à l’extérieur nous mangeons comme tout le monde. »

ALISON PELOTIER

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