COLLÈGE - De nouvelles façons de travailler

Autonomie, recours au numérique... Le confinement a permis aux collégiens de révéler de nouvelles compétences. Nos conseils pour consolider les acquis.

Ma fille a du mal à mémoriser ses cours en ce moment. Comment l’aider ?

La réponse de Bénédicte Dubois responsable de formation, IFP Nord Pas-de-Calais

La mémorisation est reliée à l’attention qui peut être perturbée par des émotions trop fortes. Elle requiert aussi un sommeil de qua- lité et réparateur. Il est normal qu’actuellement certains collégiens aient du mal à apprendre leurs cours. Suivre un cours en visioconférence ou sur des documents est rendu plus difficile à cause de l’absence des interactions habituelles avec l’enseignant et les camarades.

Un élève mémorise d’autant mieux qu’il est actif. Trois techniques pour mieux apprendre :

  • Avant même d’apprendre une leçon, l’élève doit prendre le temps de noter ce qu’il sait déjà. Il active ainsi les chemins neuronaux.
  • Structurer les informations per- met de mieux les retenir car la mémoire fonctionne par associations d’idées. L’utilisation de cartes mentales est fortement recommandée.
  • La technique du SQLRT : Survol du cours ; Questions que l’on se pose ; Lecture plus attentive du cours ; Répétition des informations ; Test en répondant aux questions que l’on s’était précédemment posées.

Comment remotiver ma fille à retourner en classe après le confinement ou en septembre ?

L’avis de Brigitte Prot psychopédagogue

Frustrés de ne pas avoir vu leurs amis pendant toutes ces semaines, les collégiens seront heureux de les retrouver. Autre levier de motivation, la relation de confiance qu’ils ont pu développer auprès de leurs parents et de leurs enseignants avec lesquels ils ont travaillé de façon plus personnalisée. Ils ont également besoin d’être rassurés sur leur cadre de travail : quel espace en classe, dans la cour ? Quel rythme de travail ? L’envie de prolonger ces nouvelles façons de travailler que le numérique a apportées peut aussi les remotiver, comme les projets en commun menés avec les enseignants et d’autres élèves, la responsabilisation... 

En 3e, il ne veut plus aller en classe après le confinement...

L’avis de Marie-Agnès Brethé présidente de l’Anpec, psychologue de l’éducation de la maternelle au postbac

Certains jeunes, surtout haut-potentiel, ont pu trouver un avantage à fonctionner en autonomie. Le Centre national d’enseignement à distance (Cned) peut être une solution pour un enfant dans ce cas, s’il a des activités extrascolaires au cours desquelles il est en lien avec d’autres jeunes. Par ailleurs, certains peuvent se satisfaire des contacts à distance, via les réseaux sociaux. Lorsque l’envie de retourner au collège n’est pas là, il faut pouvoir entendre les raisons pour lesquelles son enfant ne souhaite plus aller en classe. Le confinement a pu per- mettre à des élèves malmenés, voire harcelés, de souffler. L’accompagnement par un psychologue peut aussi être envisagé.

Mon fils ne travaille pas assez en maths et en français, que faire ?

Les conseils de Jean-Christophe Balique directeur de l’Institution Sainte-Marie, à Valenciennes (59)

Des matières pas toujours essentielles aux yeux des parents ont pris de la valeur dans cette période. Certains enfants profitent du temps qu’ils ont pour mener un projet, un défi sportif, faire des arts plastiques... Une famille me confiait avoir construit un poulailler avec les enfants. Cela demande de la réflexion et un travail sur la représentation dans l’espace. On peut aussi faire des maths et du français en cuisinant. Cette période est aussi l’occasion de s’impliquer davantage dans d’autres activités, par plaisir, pour découvrir. Et cela développe un tas de compétences. Lorsque la situation est plus inquiétante, parce que l’enfant décroche vraiment, il ne faut pas hésiter à solliciter la vie scolaire ou le chef d’établissement.

Qu’en sera-t-il de l’orientation en fin de 3e sans troisième trimestre ?

La réponse de Benoît Skouratko professeur agrégé de lettres modernes au lycée Montalembert, à Courbevoie (92)

Le travail sur l’orientation est un long processus. Pendant le confinement, les enseignants ont suivi et évalué (pas noté) leurs élèves. L’autonomie a aussi permis d’interroger un projet d’orientation vers la voie générale, technologique ou professionnelle. Certains jeunes sont allés davantage vers le concret ou le conceptuel. Les parents peuvent contacter l’établissement pour en parler. Les équipes savent ce qui est envisageable pour l’élève. Par crainte d’un retard pris cette année, les demandes de redoublement sont en hausse. Il faut faire confiance aux professionnels de l’éducation. Les élèves travailleront les compétences nécessaires l’an prochain, sans refaire une année au même niveau. 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR CLAIRE ALMÉRAS, SYLVIE BOCQUET ET ISABELLE MARADAN

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