MATERNELLE - Une année pas comme les autres

Après la période de confinement, parents et enfants peuvent ressentir anxiété et appréhension face au retour en classe. Quelles réponses donner à ces craintes ?

Mon enfant est en grande section et il n’aime pas l’école. Ce confinement lui convient bien. Comment préparer la reprise ?

Il peut arriver que l’enfant ait trouvé un bénéfice à rester à la maison avec ses parents. Il est bon de chercher à savoir pourquoi : cela peut être dû à des inquiétudes sur la situation ou à des problèmes relationnels avec des copains... « Cette envie de rester à la maison peut aussi être liée au fait que l’enfant a apprécié de passer plus de temps avec ses parents pour lire une histoire, faire des jeux de société, aller se promener... Des éléments ressourçants qu’il faut conserver pour la vie d’après », explique Anne-Lucie Rolland, enseignante en maternelle à l’école Jean Eon, à Pancé (Ille-et- Vilaine). « Pour un enfant qui n’aime pas l’école, il est souhaitable qu’il puisse y retourner avant l’entrée en CP, estime Lucile Fortin, enseignante en grande section à l’école Saint-Joseph, à Montfavet (Vaucluse). Une coupure trop longue du lien social serait encore plus difficile à gérer au mois de septembre. » Il faut aussi aider l’enfant à retrouver ses repères à l’école : « Évoquer avec lui ce dont il se souvient : sa maîtresse, ses camarades... ce qui était familier pour lui avant le confinement », explique Léa Gouz-Cymerman, psychologue à Paris.

Comment reprendre le rythme de l’école alors que très vite les grandes vacances vont arriver ?

« Les familles doivent mettre en place des repères de temps pour mieux préparer la reprise », recommande Isabelle Vérove, directrice de l’école Sainte-Thérèse, à Bergues (Nord).Par exemple, un calendrier ou une frise reprenant les éléments structurants de la journée. Même si le temps est plus haché à domicile, garder un cadre va aider les enfants. Anne Bacus, docteure en psychologie et auteure de 100 façons de rendre son enfant autonome (Marabout), établit un parallèle avec la rentrée de septembre, après deux mois de vacances : « Le plus difficile concerne le rythme de sommeil car très souvent les enfants ont été décalés. Il faut les coucher et les lever plus tôt au moins quinze jours avant la reprise et ne pas faire une sieste en fin d’après-midi. » L’objectif : installer une routine qui va sécuriser l’enfant, en lui expliquant les nouvelles modalités : « Comme tu ne vas à l’école que le mardi, voilà comment cela va se passer le mercredi... » 

Ma fille est un peu inquiète à cause du virus, elle a peur de retourner à l’école...

La première chose est de prendre le temps d’écouter les inquiétudes de l’enfant. « Dans cette période difficile, il est normal d’éprouver du stress, rappelle Léa Gouz-Cymerman. Et si certains parents se sentent angoissés, cela risque d’être également le cas de leur enfant. Il ne faut pas mettre de côté les questions qu’il se pose sur le virus. On y répond d’une façon simple, adaptée à son âge, et on ne parle que de ce dont on est sûr. » On prend également le temps de lui expliquer que tout a été fait pour sa sécurité. « S’il se sent un transmetteur de maladie, l’enfant va être malheureux comme tout, poursuit Anne Bacus. Il faut se montrer heureux en tant que parent qu’il reprenne la classe. » Et si les inquiétudes perdurent, ne pas hésiter à interroger son pédiatre. 

Nous avons l’impression de ne pas en faire assez à la maison...

« Les parents doivent se rassurer. Ils ne sont pas enseignants et même s’ils ne réalisent pas tout ce qui aurait été transmis par l’enseignant, ce n’est pas grave. Il faut surtout qu’ils aient confiance en ce qu’ils font avec leur enfant », répond Lucile Fortin. Ne pas oublier d’autre part que la grande section demeure une année de maternelle où les élèves apprennent grâce aux activités et non via des fiches. Pendant cet épisode confiné, il aura ainsi été tout aussi bénéfique d’occuper les enfants avec diverses activités : jeux de société, lecture d’histoires, écoute de musique, manipulation fine, jardinage, cuisine...

Nous sommes inquiets pour le début de CP de notre fils. Aura-t-il les bases pour apprendre à lire ?

« Deux mois sans école dans une vie, c’est très peu. Le rôle de l’enseignant sera de prendre les élèves au niveau où ils en sont », rassure Isabelle Vérove. « La reprise est particulière et on en tiendra évidemment compte dans l’adaptation de la rentrée au CP », confirme Anne-Lucie Rolland. Cette période de confinement ne va donc pas impacter toute leur scolarité : « S’il y a eu un peu d’entraînement régulier à la maison au niveau de la phonologie, cela ne devrait pas poser de problème au CP, d’autant que les méthodes utilisées en début d’année reprennent la base des sons », détaille Lucile Fortin.

CHARLOTTE COUSIN

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