Une classe plus ouverte ?

Des salles modulables à l’acoustique soignée. Une proximité avec la nature. Et si, demain, l'école s'offrait un grand bol d'air ?

DESSINANT LES CONTOURS de l’école du futur, des enseignants font évoluer leur pédagogie, ce qui les incite à réaménager une salle de classe héritée du XVIIe siècle, dédiée au cours magistral, qu’ils jugent inadaptée. « Aujourd’hui, les élèves ont tout sous la main. J’ai à peine le temps de répondre à une question que la réponse fuse, venue de Wikipédia ou d’ailleurs », explique Vincent Faillet, doctorant en sciences de l’éducation et auteur de Remodeler sa salle de classe et sa pédagogie. Ce professeur de SVT pratique la classe mutuelle, concept qu’il a créé en 2015 et qui favorise les échanges entre pairs. Il conçoit la salle de classe comme « un espace où l’on peut discuter, circuler, où l’on peut configurer le mobilier de différentes façons selon les activités, avec six ou sept tableaux muraux sur lesquels les élèves peuvent s’expliquer le cours ». Cela suppose d’améliorer l’acoustique et de sensibiliser les élèves, afin de limiter le brouhaha.

À l’avenir, les frontières pourraient s’estomper, dans le sillage des professeurs qui pratiquent le travail par petits groupes et qui ont pris l’habitude « de coloniser les espaces extérieurs : halls, couloirs, etc. Cela permet de désengorger la classe », indique Vincent Faillet. Grise et bétonnée, la cour de récréation devrait reverdir. « Elle est conçue pour qu’un adulte puisse la surveiller facilement. Cela donne un espace triste et ennuyeux à mourir, qui favorise les comportements agressifs », déplore Moïna Fauchier-Delavigne, journaliste spécialisée dans l’éducation et coauteure avec Crystèle Ferjou de Emmenez les enfants dehors !. « Plusieurs villes, dont Lille et Paris, ont pris la décision « d’ensauvager » leurs cours, poursuit-elle. Ils ont ajouté de la végétation, du relief, des coins où l’on peut s’isoler, afin que les enfants s’y sentent mieux. »

Noémi CONSTANS

L'appel de la nature

« Les enfants ont besoin d’être en contact avec le vivant pour grandir et s’épanouir, estime Moïna Fauchier- Delavigne, journaliste spécialisée. De nombreuses études ont montré que cela favorisait les apprentissages. Certains pays comme le Royaume-Uni ont inclus cette dimension dans leur curriculum. » En France, le mouvement en est à ses débuts mais de plus en plus d’enseignants sortent avec les élèves, voire font cours dehors. La classe du futur ? Moïna Fauchier-Delavigne la voit « entourée de nature, si possible de plain-pied et ouverte au maximum sur l’extérieur ». 

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