Une école plus digitale ?

Les usages numériques prendront une place centrale dans l’offre pédagogique. Une réelle opportunité pour tous les publics.

« IL FAUDRA MUTUALISER LES COMPÉTENCES »

DELPHINE DAUX CHARGÉE DE MISSION NUMÉRIQUE À FORMIRIS* ET PROFESSEURE D’ANGLAIS À L’INSTITUT CATHOLIQUE DE PARIS

« Le numérique n’est pas “la” solution, c’est une technique parmi d’autres, mais l’enseignement catholique se doit de relever le défi. L’écueil serait de privilégier les outils numériques et de négliger les intentions pédagogiques. Pour cela, il est nécessaire de mutualiser les compétences et de former tous les acteurs de la communauté éducative : enseignants, parents, agents de service des écoles maternelles (ASEM), accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH)... Depuis trois ans, Formiris a mis en place un plan numérique de formation. 50 % de la formation est désormais dédiée au numérique.

Demain ? L’accent sera mis sur la scénarisation des contenus pédagogiques. En petite section, par exemple, un élève pourra être enregistré plusieurs fois dans l’année et ainsi mesurer lui-même sa progression dans l’acquisition du langage oral. Indispensable également, un accès facilité aux contenus pour les enfants à besoins éducatifs particuliers. »


* Organisme national de l’Enseignement catholique en charge de l’élaboration de la politique de formation des enseignants de l’enseignement privé sous contrat.

« LA PLACE DES PARENTS SERA PRÉPONDÉRANTE »

MARIE SOULIÉ PROFESSEURE DE LETTRES, CONSULTANTE EN ÉDUCATION NUMÉRIQUE ACTIVE

« Cette crise sanitaire n’a fait que développer des usages qui existaient déjà dans beaucoup d’établissements. La réflexion pédagogique doit porter sur une pédagogie active, où les cours n’ont plus lieu en face-à-face mais en classe inversée. L’élève devient alors acteur de ses apprentissages.

Demain ? Les élèves seront plus autonomes, planifieront leur emploi du temps et la place des parents sera prépondérante. »

« LA RÉUSSITE TIENDRA AU LIEN PROFESSEUR-ÉLÈVE »

RICHARD GRILLE CHEF D’ÉTABLISSEMENT DE L’ASSOMPTION BELLEVUE, À LYON

« Il n’y aura pas demain de modèle unique d’enseignement à distance. Le confinement nous a imposé des pratiques auxquelles nous avions déjà réfléchi au moment de la réforme du lycée. En 2019, 130 élèves répartis dans onze établissements de Lyon, Bourg-en Bresse et Saint-Étienne ont pu suivre à distance, quatre heures par semaine, sept enseignements de spécialité, qui n’existaient pas dans leurs lycées. L’enseignement catholique à distance (ECAD) était né. Ces cours n’ont pas lieu à domicile mais dans chaque établissement concerné. La réussite du projet tient à plusieurs facteurs : l’existence d’une plateforme commune à tous, la qualité des cours, le lien professeur-élève (un contact individuel en visio chaque semaine) et le lien avec un adulte référent, éducateur, enseignant, documentaliste... Deux fois par an, les 130 élèves se retrouvent en présentiel pour échanger.

Demain ? Nous pensons à une offre plus large pour 200 élèves, qui pourrait être étendue aux élèves à besoins éducatifs particuliers ou décrocheurs. Et pourquoi pas une plateforme nationale ? »

Sylvie BOCQUET

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