Une école vraiment juste et équitable ?

Des acteurs qui se connaissent et se comprennent mieux. Ils luttent ensemble contre le décrochage.

CORINNE HECKMANN ANALYSTE AU DÉPARTEMENT ÉDUCATION DE L’OCDE

« LA CRISE que nous venons de traverser a mis en valeur les compétences qui font défaut aux écoliers français. Ce sont celles que l’on désigne sous le terme anglo-saxon de soft skills : créativité, collaboration, esprit critique, résolution de problèmes, empathie, respect, confiance en soi... Or, ce sont ces compétences qui permettront demain aux jeunes d’apprendre par eux-mêmes, donc à l’école d’être plus équitable. Grâce à ces compétences, on ne voit pas uniquement la lacune chez l’autre, mais les forces des uns ou des autres sont valorisées grâce à ce qu’elles peuvent apporter au groupe. »

 

MARIE-ALETH GRARD, PRÉSIDENTE D’ATD QUART MONDE

« L’ÉCOLE sera plus juste et équitable quand les enseignants auront les outils et seront formés pour savoir accueillir tous les publics : adapter la pédagogie aux besoins de tous les élèves et mieux accueillir les parents. Certains enseignants se rendent compte qu’ils n’ont pas les bons mots pour parler aux parents les plus éloignés de l’école, chacun comprenant les mots différemment. L’école sera plus juste si les acteurs se connaissent mieux et se comprennent mieux, et si les conditions pour lutter contre le décrochage sont créées. Par exemple, pendant le confinement, dans un établissement un adulte appelait tous les jours pendant une heure un élève en grande difficulté scolaire pour travailler une matière ou faire de la lecture. Les élèves qui ont bénéficié de cette aide ont repris les cours avec confiance et leurs attitudes ont été transformées. Les enseignants sont maintenant confiants en leur avenir. » 

 

BAPTISTE JACOMINO CHEF D’ÉTABLISSEMENT SAINTE URSULE –LOUISE DE BETTIGNIES, PARIS 17E

« L’ÉCOLE A BESOIN DE PLUS DE LIBERTÉ et de moins d’égalitarisme en laissant les communautés éducatives libres d’adapter les enseignements et l’organisation à leurs besoins. Les initiatives ainsi mises en place depuis le terrain entraîneront la confiance des acteurs : élèves et enseignants. Une école plus juste, c’est une école où les élèves sont acteurs de leurs enseignements, sans s’en remettre à l’institution car ils se savent responsables de leur scolarité. »

 

LUCIEN ÉLÈVE EN TERMINALE S LYCÉE SAINTE-URSULE, PARIS 17E

« PENDANT LE CONFINEMENT, un groupe de lycéens, dont je faisais partie, a mis en place un tutorat pour les élèves de primaire afin qu’ils ne se sentent pas isolés. Des tutorats et partenariats entre lycéens favorisés et des élèves de primaire ou collège défavorisés permettraient de rendre l’école plus juste. En redonnant confiance dans l’école aux élèves et surtout aux parents. »

Propos recueillis par Claire ALMÉRAS

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