Une orientation dès la maternelle ?

Un accompagnement dès le plus jeune âge. Des parcours qui révèlent les compétences de chaque élève. Deux défis majeurs pour l’orientation de demain.

« ÉCOUTER LES ÉLÈVES ET LEUR APPRENDRE À DIRE “JE” »

CHARLOTTE ROUSSELET CHARGÉE DE MISSION SECOND DEGRÉ, COLLÈGE, LYCÉE ET RENASUP, À LA DDEC 22

« Oui, l’orientation se travaille dès la maternelle. Apprendre à se connaître, développer ses compétences et aller en chercher d’autres, connaître ses limites et ce qui fait sens pour soi... sont autant de clés pour aider l’enfant à choisir progressivement son chemin. Un itinéraire qui peut d’autant mieux se dérouler si, ensemble, les équipes éducatives et les parents prennent conscience qu’il est important de ne pas enfermer l’élève dans des cases – il n’est pas scientifique ou littéraire, il peut être les deux à la fois. La réforme du lycée va dans ce sens et c’est très bien. Important également : ne pas avoir les yeux rivés sur les programmes et les bulletins scolaires, mais accepter de « perdre » du temps en accordant une place aux initiatives extra-scolaires, aux rencontres avec des professionnels ou d’autres adultes en phase avec une société que les parents n’ont pas for- cément connue, au sein d’une école ouverte sur le monde extérieur. 

Résistons aux injonctions et prenons du recul. Les choses évoluent. Nous sommes à un tournant. Des ateliers de connaissance de soi existent pour les tout-petits. Ils pourront plus tard aider les jeunes à bifurquer au bon moment. Du lien se fait entre les établissements. Mais c’est un combat permanent. Chaque jeune a son histoire. Nous sommes là, dès les premières années d’école jusqu’au lycée, pour les écouter et leur apprendre à dire “je”, sans leur mentir ni leur barrer la route. »

« PRIORITÉ AUX COMPÉTENCES, PAS SEULEMENT AUX NOTES »

BENOÎT SKOURATKO CHARGÉ DE MISSION ORIENTATION AU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

« Les compétences et la connaissance de soi sont les deux enjeux majeurs de l’orientation. Il est temps de donner un coup d’accélérateur et de bâtir des parcours d’orientation, non pas uniquement à partir des notes mais des compétences de l’élève. On peut observer que les élèves les plus à l’aise sur ParcourSup sont ceux qui se connaissent le mieux. C’est la logique des parcours Avenir et des port- folios proposés aux élèves dès le collège. Ceux-ci sont relativement méconnus et peu exploités. C’est dommage, car ils permettent de mettre en valeur les centres d’intérêt de l’élève et de combiner formation culturelle, intellectuelle et pratique. L’élève peut ainsi relire son parcours en prenant conscience de ce qu’il est capable, ou pas, de faire. Une démarche cohérente avec le développement intégral de la personne, fondement de l’enseignement catholique. » 

Sylvie BOCQUET

Ajouter un commentaire

Les réactions à cet article (0 commentaire)

    Soyez le premier à laisser un commentaire.

Voir plus de commentaires