Comment accompagner votre enfant hypersensible

Un tiers des enfants seraient hypersensibles. Comment les accompagner dans cette différence pour en faire un atout pour la vie ? 

Quel est le profil de votre enfant ?

LE HÉRISSON

Replié sur lui-même, il déteste que l’on pénètre dans son périmètre de sécurité... sous peine de sortir ses piquants. Il boude souvent, s’isole, mais possède une vie intérieure très riche, beaucoup d’imagination et une grande intuition. Rêveur, la pensée flottante, il est parfois qualifié de « lent » à l’école.

Comment l’aider ? Évitez d’être sur son dos : « Que fais-tu ? Tu ne t’ennuies pas ? ». Mieux vaut le laisser venir de lui-même. En revanche, dans un moment d’ouverture, n’hésitez pas à revenir sur ses émotions :
« Qu’as-tu pensé du spectacle ? As-tu été ému ? ». Et si vous sentez qu’il a été heurté par quelque chose, approchez-le en lui parlant de vous : « Quand j’étais petite, et que je me sentais mal, je m’isolais, je n’en parlais pas... Mais ça ne me rendait pas heureuse. » Les hérissons s’épanouissent dans tous les lieux artistiques, particulièrement dans la musique, la peinture ou la danse.

HYPERSENSIBLE OU HAUT POTENTIEL ?

« Chez les hypersensibles, constate la psychologue Jeanne Siaud-Facchin, psychologue spécialiste des enfants précoces, tous les sens sont en alerte : la vue, l’ouïe, l’odorat... Cette façon d’appréhender le monde, même chez les tout-petits, est souvent un facteur d’éveil de l’intelligence. On sait, par exemple, que les enfants surdoués sont aussi ceux qui sont le plus sensibles à l’injustice. Pour autant, le lien n’est pas systématique. On peut tout à fait être doté d’une sensibilité exacerbée sans arborer un haut quotient intellectuel. » 

L’HYPERSENSIBLE ANXIEUX

Il dort mal, souffre souvent de fatigue, perturbé par le moindre changement, frappé par les mauvaises nouvelles. Tout l’affecte : odeurs, bruits, pull qui gratte... Il sursaute souvent, s’inquiète, panique au moindre contrôle. Perfectionniste, il est souvent submergé par les devoirs, au point d’abandonner ses activités extra-scolaires.

Comment l’aider ? Décentrez-le de son obsession scolaire, pour faire baisser la pression. « L’hypersensibilité de type anxieux a tendance à être extrêmement “contagieuse” en famille, signale la psychologue Emmanuelle Rigon. Attention aux mots que l’on prononce : “J’ai peur que”, “je redoute que...”. On peut leur apprendre des exercices de relaxation ou de respiration, pour les aider à souffler en classe. » 

L’HYPER RÉACTIF COLÉRIQUE

Très impulsif, il fait claquer les portes, crie et s’emporte pour un rien. « C’est un comportement plus masculin : culturellement les garçons sont invités à plus s’exprimer que les filles. Chez lui, la moindre anicroche avec les copains tourne au drame, le coup de pied part très vite », constate Emmanuelle Rigon. « C’est typique- ment l’enfant que l’on consigne au coin, et à qui on demande de réfléchir à son attitude. »

Comment l’aider ? Ramenez-le à la raison et aux mots : « Tu ne dois pas réagir avec violence. Quand on n’est pas content, on en parle. » Les thérapies psychocorporelles, comme la sophrologie, la méditation, le yoga peuvent l’aider à contrôler sa réactivité excessive. « On confond souvent l’hyper réactif et l’enfant souffrant d’hyperactivité (TDAH). La différence, c’est que l’on arrive à faire entendre raison à l’hypersensible », note Emmanuelle Rigon.

INNÉ OU ACQUIS ?

Existe-t-il une transmission de l’hypersensibilité ? D’après la psychologue Emmanuelle Rigon – et quoi qu’en disent les études américaines –, la part de l’acquis est fondamentale. « L’enfant qui grandit dans un environnement hypersensible (susceptible, écorché vif...) sera forcément influencé, dans l’imitation ou l’opposition. Mais l’origine de cette sensibilité élevée, c’est généralement un événement mal vécu, voire un stress post-traumatique : divorce très compliqué, harcèlement, hospitalisation précoce... Même traité, un trauma peut installer chez l’individu une sensibilité plus élevée que la moyenne. Ce qui ne signifie pas que ce soit un handicap à vie », insiste la psychologue.

L’HYPER EMPATHIQUE

Un rien l’écorche. Un sans-abri qui fait la manche sur le trottoir peut déclencher une crise de larmes chez lui, de même qu’un spectacle, un film un peu triste. Il a le sentiment d’injustice chevillé au corps. « C’est le chevalier blanc qui aimerait rétablir la justice sur terre », conclut Saverio Tomasella.

Comment l’aider ? Pas question de l’inciter à l’indifférence ! En revanche, expliquez-lui que l’on ne doit pas se laisser dévaster par la souffrance de l’autre. Ce n’est pas parce qu’on pleure avec quelqu’un qu’on l’aide. À nous de lui suggérer d’aider en agissant (aide bénévole dans une association, etc.). C’est l’action qui lui permettra de surmonter son « hyper empathie », et d’en être fier.

SOPHIE CARQUAIN

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