Tristesse : trouver les mots pour réconforter

Zoé, 9 ans, rentre en larmes à la maison : sa meilleure amie la rejette, ne lui parle plus. Elle est effondrée. 

La réponse de NICOLE PRIEUR, psychologue et thérapeute familiale. 

L’analyse : on a affaire à une des plus grandes douleurs de l’enfance, à savoir la crainte d’être abandonné, trahi – à un moment où on tend à remplacer l’amour des parents par l’amitié des copains. Cette fois encore, à nous d’accueillir cette tristesse, en l’aidant à nous raconter cette scène : « Je te comprends, tu t’es peut-être sentie abandonnée ? » Le fait de valider son émotion, de la considérer avec sérieux, est un premier pas vers la consolation.

Comment l’aider : on peut lui faire part de notre empathie, en lui racontant ce que nous avons vécu nous aussi, enfant, adolescent ou même à l’âge adulte. « Tu sais, cela arrive très souvent dans l’amitié. » En lui suggérant, sous forme de questions, de trouver des ressources en elle : « Comment pourrais-tu faire pour être moins triste ? Lui envoyer un message ? » À nous aussi de veiller à ne pas l’engluer dans la situation en remettant le sujet sur le tapis tous les jours. Le lendemain, on peut simplement lui demander : « Comment cela s’est passé aujourd’hui ? » Sans toujours faire référence à la copine.

« L'hypnose pour calmer le jeu »

Trois questions à Nicole Prieur, psychologue

 

L'hypnose est-elle une thérapie adaptée aux enfants ? Oui, pour une bonne raison : les enfants sont naturellement portés à entrer dans leur bulle. Il est donc très facile de les emmener dans un état hypnotique, de mobiliser leurs ressources, afin qu'ils puisent en eux la capacité à s'auto-réparer. En outre, l'hypnose nous met en lien immédiatement avec le corps, sans passer par l'intellectualisation. Cela, c'est bien entendu idéal pour les enfants.

Comment se passe une séance avec un enfant ? Je les encourage à dessiner, à jouer, j'entre avec eux dans leur monde, et, de ma voix douce, je leur suggère des solutions. J'ai eu en séance, il y a peu, un enfant hyperactif et angoissé. Quand il s'est mis à dessiner un bateau, je lui ai parlé de calme, du bruit des vagues, toutes douces... Un autre petit patient, angoissé par les disputes de ses parents, a imaginé un casque protecteur anti-stress.

Les parents peuvent-ils aussi le faire ? Absolument, et surtout pour aider l'enfant à amadouer les peurs du noir et des cauchemars. On peut l'encourager à dessiner une sorcière effrayante - tout en manifestant notre propre peur, pendant son dessin - pour ensuite, lui proposer, par un autre dessin, de neutraliser les pouvoirs de la sorcière grâce aux potions magiques qu'il aura inventées : " Tu vois, maintenant, tu as les moyens de contrôler ta peur. À chaque fois, tu penseras à ton casque, à ton bateau, à ta sorcière gentille... " L'essentiel est de lui faire prendre conscience qu'il a en lui un véritable trésor : le moyen de se réparer.

PROPOS RECUEILLIS PAR Sophie Carquain