Les points qui interrogent

Si le monde entier loue le développement de la confiance en soi et de l'autonomie..., en revanche, sur certains points, la pédagogie Montessori interroge.

Peu d’échanges avec les autres

C'est régulièrement un reproche que l'on fait à la pédagogie Montessori. Contrairement aux maternelles classiques, les temps de travail en groupe sont réduits. Mais les élèves ont souvent l'occasion de travailler par petits groupes de façon informelle.

Obsession du rangement

Le matériel (lettres rugueuses, mémos, bouliers, laçages...) est un pilier de cette pédagogie. Avec une contrepartie : l'élève sait qu'il doit ensuite ranger le matériel à sa place. Cette obsession de l'ordre a été dénoncée en partie par Françoise Dolto, qui l'accusait d'être un frein à la créativité, et d'encourager les tempéraments obsessionnels. « J'ai pu observer mon enfant s'appliquer à remettre en ordre le matériel pour celui qui l'utilisera ensuite. Je trouve que cela favorise le respect de l'autre », précise Armelle Navarro, maman d'élève.

Développement limité des arts

Le matériel pédagogique destiné aux arts est beaucoup plus limité que dans les écoles classiques, on y pratique moins le tâtonnement expérimental, et les accrochages de dessins y sont plus réglementés.

Difficulté d’insertion au collège

Après avoir été libre pendant des années de choisir son activité et de bouger dans la classe, l'élève doit apprendre à suivre un rythme collectif. Un temps d'adaptation, un peu douloureux, est nécessaire, comme cela est parfois le cas à l'entrée en 6e. Mais un élève Montessori est autonome, sait s'organiser et connaît ses points forts et ses points faibles.

Par Sophie Carquain

Montessori Pour une élite ?

Si, au début de sa pratique, Maria Montessori avait prêché pour un vaste développement de sa pédagogie, en particulier dans les milieux les moins aisés, reconnaissons qu'il se produit l'inverse aujourd'hui. Hormis quelques établissements en France privés et publics sous contrat avec l'État, les autres sont quasiment tous hors de prix : le coût annuel d'un cours Montessori frôle les 10 000 euros par an. D'où le soupçon de générer un entre-soi pas franchement démocratique. Effet collatéral : l'implantation des établissements en zone urbaine, massivement en région parisienne.

Ajouter un commentaire

Les réactions à cet article (0 commentaire)

    Soyez le premier à laisser un commentaire.

Voir plus de commentaires