Le bac, ce qui va changer

Il aura fallu 9 mois au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour réformer le bac, l’une de nos vieilles institutions françaises. Au-delà de l’examen lui-même, cette réforme bouscule l’organisation du lycée et l’accès à l’enseignement supérieur. Notre dossier vous propose un focus sur ce bac d’enseignement général et technologique nouvelle formule que passeront, en 2021, les élèves qui entreront en seconde en septembre 2018. Avec l’introduction du contrôle continu, l’examen prendra davantage en compte le travail mené par les lycéens en première et terminale et leur permettra grâce au choix d’enseignements de spécialité de mieux définir leur profil d’études. Une réforme attendue par les parents comme le montre le sondage BVA réalisé lors du petit-déjeuner-débat sur le bac organisé par l’Apel en novembre dernier. L’Apel estime que cette réforme, qui rejoint un grand nombre de ses propositions, va dans le bon sens. 

« LE MINISTRE A ENTENDU NOS CRAINTES ET QUESTIONNEMENTS »

En juillet dernier un groupe de travail sur la réforme du bac a été constitué au sein de l'Apel nationale. L'Apel a pu présenter ses propositions à Pierre Mathiot et a rencontré le ministre, Jean-Michel Blanquer. Entretien avec Violaine Bigot, coordinatrice du groupe de travail sur la réforme du lycée 2021 et membre du bureau national de l'Apel.

La réforme du bac est un sujet important pour l'Apel ? Le bac est une institution nationale qu'il faut conserver, mais il fallait lui redonner du sens et de la valeur. Déjà en 2012 nous avions sou- mis aux candidats à la présidentielle des propositions pour le réformer. Notre groupe de travail réunissant des présidents d'Apel départemen- taux, académiques et d'établissement originaires de toute la France, aussi bien de zones rurales qu'urbaines, a été vigilant à ce que tous les lycéens soient pris en compte. Nous avons fait des propositions très concrètes.

Parmi ces propositions, quelles sont les plus importantes ? Le passage d'une partie de l'examen en contrôle continu et le bac modulaire sont les deux principales. Le bac modulaire sera le moyen d'en finir avec la suprématie de la filière S. Cette formule permettra à chaque élève de faire un réel choix d'orientation. Un bac modulaire per- mettra aussi de mieux répondre aux attendus de l'enseignement supérieur. Nous tenons à conserver un examen final, mais il est aussi primordial de prendre en compte les résultats obtenus pendant la scolarité. La mise en place du contrôle continu répond à une de nos demandes et permettra de réduire le stress lié à un seul exa- men final. La mise en place d'un grand oral faisait également partie de nos propositions. Il nous semble indispensable que nos jeunes soient formés à ce type d'exercice au sein des établissements afin qu'ils aient tous la même chance de réussite.

Vous avez rencontré le 9 février le ministre de l'Éducation nationale. A-t-il entendu vos préoccupations ? Il a entendu nos craintes et nos questionnements et il nous a rassurés sur la valeur nationale du bac qui restera identique sur tout le territoire, ce qui était l'un de nos points de vigilance. Les réformes vont dans le bon sens mais nous voudrions qu'elles aillent encore plus loin. Deux semaines consacrées à l'orientation en terminale, par exemple, c'est bien, mais la question de l'orientation doit être abordée bien en amont.

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