Des notes pour quoi faire ?

L'Apel a organisé le 18 novembre un petit-déjeuner débat sur l'évaluation en présence de Françoise Cartron, vice-présidente du Sénat. Des experts, des chefs d'établissements et des parents ont apporté leur éclairage pour étayer le débat sur le système de notation actuel et ont témoigné des alternatives qui existent déjà au sein de l'Enseignement catholique.

Les parents et les notes à l'école : les résultats de notre sondage

Pour étayer le débat, Julien Goarant de l'institut OpinionWay, a présenté les résultats de notre sondage sur les notes à l'école : globalement, les parents estiment que les notes sont légitimes, mais sont favorables à minimiser leur importance.

Les notes à l'école : ce qu'en pensent les parents

  • 60% des parents pensent que les notes sont légitimes ;
  • Mais 56 % d'entre eux auraient aimé avoir plus d'explications pour aider leur enfant à progresser ;
  • 81 % estiment que les notes sont indispensables pour donner une indication sur le niveau de l'élève ;
  • 37 % pensent que cela permet d'identifier les difficultés de leur enfant ;
  • 90% des parents avouent être angoissés par les mauvaises notes de leurs enfants ;
  • 73 % pensent que les mauvaises notes sont un facteur de découragement ;
  • 73 % sont favorables à une réduction de l'importance des notes au profit d'autres outils privilégiant les compétences et les qualités personnelles.

(Sondage Apel-Opinion Way - Novembre 2014)

Documents à télécharger

La note ne permet pas le droit au tâtonnement, elle sanctionne trop tôt et l'élève n'a pas droit à l'erreur. N'oublions pas qu'il y a une vie après la note. »

Françoise Cartron , Vice-présidente du Sénat

Les initiatives mises en place dans l'Enseignement catholique

Au centre scolaire aux Lazaristes de Lyon

Dans cet établissement qui accueille 2450 élèves de la maternelle jusqu’à la prépa, l’auto-évaluation a été mise en place depuis 2 ans et demi. « Depuis de nombreuses années, notre établissements est fréquenté par de très bons élèves et a une image plutôt élitiste, où les notes tiennent une place très importante. Nous souhaitions dépasser cette notion de résultats et prendre en compte les élèves dans leur globalité et avoir un regard plus humain sur eux », explique Frédéric Bodin, le chef d’établissement.

En prépa, les étudiants s’auto-évaluent en groupe pour les interrogations orales. « Cela leur permet non seulement de voir si les notions sont acquises par leurs camarades, mais d’observer également s’ils sont à l’aise pour travailler en groupe », note Frédéric Bodin. Au collège, les élèves s’auto-évaluent lors des dictées en remplissant un document : ils complètent eux-mêmes ce qu’ils pensent avoir réussi ou au contraire les fautes qu’ils pensent avoir commises.

Du côté des parents, les réactions sont plutôt encourageantes : « Ils se rendent compte que leurs enfants développent leur esprit critique, s’entraident davantage et que c’est aussi important que d’avoir de bonnes notes, remarque le chef d’établissement. « Nous n’avons pas voulu imposer ce système d’évaluation dans toutes les classes et pour toutes les matières, car certains jeunes sont encore un peu inquiets et doivent franchir le pas. A terme, nous aimerions que les élèves puissent l’utiliser au moins 4 à 5 fois durant toute leur scolarité dans l'établissement », précise Frédéric Bodin. « C’est long de faire bouger les lignes et il faut s’assurer que les choses se passent bien car nous souhaitons vraiment que ces changements s’inscrivent dans la durée ».

Plus d'infos : www.auxlazaristes.fr

Les 5 propositions de l'Apel sur l'évaluation

Suite au petit-déjeuner débat, voici les propositions formulées par l'Apel pour faire évoluer l'évaluation :

  • Une évaluation par compétences qui valorise les qualités de l'élève, ses acquis et lui permettre de progresser ;
  • Une évaluation partagée entre l'enseignant, l'élève et ses parents ;
  • Une évaluation argumentée, permettant un accompagnement par les parents ;
  • Un dialogue régulier qui se concrétise par des rencontres constructives entre les enseignants, les élèves et les parents, et par l'utilisation d'un ENT (espace numérique de travail) ;
  • L'association des élèves à l'évaluation, en utilisant, par exemple, l'auto-évaluation dès le plus jeune âge.