Et si mon enfant était harcelé ?

« J’ai découvert que mon fils de 12 ans a volé de l’argent dans mon porte-monnaie. Je le trouve agité et irritable en ce moment. Je me demande s’il n’est pas harcelé. »

EXPERT MARIE QUARTIER, DIRECTRICE DU RÉSEAU ORFEEE

Ce qui doit nous alerter, c’est un changement notable dans le comportement et dans l’humeur de notre enfant. Si l’on est inquiet, il faut absolument en parler avec lui, en choisissant un moment favorable, où l’on est en tête à tête. Le trajet en voiture est une bonne option. S’il se livre, l’important est de lui faire sentir que l’on prend vraiment très au sérieux ce qu’il vit, en précisant que l’on ne porte aucun jugement et surtout en évitant de donner des conseils. Cela pourrait sous-entendre qu’il est facile de se sortir de cette situation, alors que lui, justement, ne trouve pas d’issue. On peut lui demander ce qu’il attend de nous, lui proposer d’élaborer ensemble une stratégie tout en lui affirmant que l’on ne fera rien sans son accord. Il doit voir en nous un allié, comprendre qu’il n’est désormais plus seul face à cette maltraitance. S’il ne nous parle pas, on réfléchit à qui pourrait l’amener à se confier (un parrain, un cousin, un ami très proche).

« Rose est en CM1. Timide et en léger surpoids, elle a du mal à s’intégrer dans les groupes. J’ai peur qu’on se moque de son physique et qu’elle soit harcelée. »

EXPERT CAMILLE BENOÎT, PSYCHIATRE

Si le parent se demande si son enfant souffre de son apparence, il doit l’amener à se confier. Il peut, par exemple, raconter une anecdote : « Je me souviens quand j’étais à l’école, il y avait un jeune qui s’était fait embêter parce qu’il était tout petit... » Puis lui poser la question : « Et toi, comment tu te sens dans ton corps, est-ce que tu as peur du regard des autres ? » Si c’est le cas, on lui explique très clairement que personne, absolument per- sonne, n’a le droit de se moquer des différences des autres, c’est mal, c’est interdit ! Savoir distinguer ce qui est bien de ce qui est inacceptable va lui permettre de repérer plus facile- ment les élèves dont il faut se tenir à distance. On n’oublie pas non plus que, seul dans une cour de récré, l’enfant est une proie facile. Il faut donc l’aider, surtout s’il est timide, à développer un noyau amical en favorisant les rencontres avec des camarades de son école.

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