Primaire : devenir autonome, ça se travaille

L’attitude des parents après des résultats scolaires décevants peut avoir une forte influence sur la motivation de leur enfant et sa réussite à venir. Quelques pistes pour éviter les faux-pas.

L’AIDER À SE METTRE AU TRAVAIL SEUL

Il faut instaurer des rituels, à savoir démarrer les devoirs tous les jours à la même heure. Rapidement, en trois semaines maximum, il comprend que ce travail personnel est un rendez-vous non négociable. BRIGITTE PROT, PSYCHOPÉDAGOGUE

L’enfant doit être installé à un bureau dans un espace dédié uniquement au travail. Le risque, c’est vraiment la déconcentration. Il faut donc l’aider à se déconnecter de son environnement pour se consacrer à son travail. BÉATRICE COPPER-ROYER, PSYCHOLOGUE CLINICIENNE

L’AIDER À ORGANISER SON TRAVAIL

Il faut découper le travail à faire en différentes tâches, sinon les enfants à cet âge peuvent vite se perdre ou se faire une montagne du travail demandé. La politique des petits pas, c’est toujours très rassurant. Et chaque objectif atteint est très valorisant, donne confiance et stimule l’autonomie.
CAROLINE LAUCHET, ENSEIGNANTE SPÉCIALISÉE

Il faut l’inciter à prendre des décisions, lui demander : de quoi as-tu besoin pour travailler ? Par quelles tâches voudrais-tu commencer ? C’est lui permettre de réfléchir et à trouver des solutions pour réussir. FLORENCE SAMARINE, FORMATRICE EN DISCIPLINE POSITIVE

Il existe de grandes différences de maturité et donc d’autonomie entre les enfants. Pour certains, il faudra prendre le temps de leur faire lire ce qu’ils ont à faire et s’assurer qu’ils ont bien compris les consignes. B. C.-R.

LE MOTIVER À TRAVAILLER TOUT SEUL

L’objectif est de faire comprendre à son enfant qu’il peut se débrouiller seul. Et lui laisser l’initiative : si tu as besoin de moi, c’est toi qui demandes, je ne viendrai te voir que si tu m’appelles. B. P.

Il est important d’encourager son enfant, de lui exprimer la confiance qu’on a en sa capacité à réussir, et guetter ses progrès pour pouvoir l’en féliciter, mais aussi pour le questionner : comment a-t-il obtenu le bon résultat ? Ça lui permet de prendre conscience des stratégies et des moyens qu’il a mis en œuvre pour réussir. F. S

Un élève autonome, c’est un élève qui a pris conscience de ses compétences et de ses besoins et qui va mettre en place des stratégies pour atteindre ses objectifs et réussir. C. L.

RESTER PRÉSENT

Il faut bien sûr contrôler le travail fait mais sans donner d'exercices supplémentaires. On peut souligner les erreurs s'il y en a et lui demander d'y réfléchir. Lui dire : tu es bien sûr de ta réponse ? Mais l'objectif n'est pas de le corriger à tout prix pour rendre un travail parfait, sans quoi l'enseignant ne peut pas jauger les difficultés de l'élève. B. P.

Là encore, il est bien de le questionner : est-ce que tu as fini ? As-tu réussi ce qu'on t'a demandé ? Qu'est-ce que tu n'as pas compris ? Qu'est- ce qui pourrait t'aider ? Tout en lui faisant comprendre que c'est en se confrontant à la difficulté et à l'erreur qu'on apprend et qu'on avance. Il faut vraiment laisser l'enfant être aux commandes, tout en restant très disponible pour le guider en cas de besoin et toujours l'encourager. Développer l'autonomie ce n'est pas laisser faire, c'est mettre son enfant en capacité de décider sans jamais faire à sa place. F. S.

L’AIDER À DOSER SON TEMPS DE TRAVAIL

C'est vraiment une des clés de l'autonomie. Pour ça, il faut un outil incontournable : une horloge ou une montre avec aiguilles qui per- mette à l'enfant de mesurer et de compartimenter le temps dont il a besoin pour son travail. En amont, il faut expérimenter concrètement avec lui le temps que va lui prendre chaque tâche demandée par l'enseignant, comme apprendre une poésie, par exemple. B. P

Dans tous les cas, 30 à 45 minutes de travail par jour est largement suffisant à cet âge. Faire plus génère de la fatigue contreproductive. N'oublions pas que les temps de repos, voire d'ennui, sont essentiels pour mémoriser. C. L.

DÉVELOPPER L’AUTONOMIE

Sur ce point, le rôle des parents est crucial. Ils doivent inciter leur enfant à faire tout seul : s'habiller, ranger sa chambre, faire son lit, mais aussi participer aux tâches ménagères, mettre la table. C'est toute une dynamique au quotidien qui va ensuite l'aider à être autonome dans son travail scolaire. B. C.-R.

Plus il sera responsabilisé à la maison, plus il va se sentir valorisé, plus il va gagner en assurance tout en comprenant pourquoi il fait des choses, qu'elles en sont les conséquences. C. L.

Cette autonomie se construit au fur et à mesure depuis tout petit, d'abord à la maison, en mettant peu à peu son enfant en capacité de choisir, ce qui va lui conférer du pouvoir. C'est ensuite sur ces appuis que l'autonomie à l'école se construit. F. S.

Lise DAVID

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