Les réponses à vos questions sur la phobie scolaire

Angèle Delbecq - Famille & éducation

Santé mentale

Nous avons recueilli les questions des parents les plus récurrentes lors du dernier Rendez-vous de l’inclusion sur le trouble scolaire anxieux, organisé par l’Apel nationale 11 décembre dernier. Les intervenantes au webinaire ainsi qu’un psychologue y répondent .

  • Y a-t-il des niveaux scolaires où les jeunes sont le plus à risque ? 

Ce trouble concerne tous les âges. Mais le collège est la période où l’on dénombre le plus de cas. Et le refus scolaire anxieux touche « de plus en plus d’enfants à l’école primaire », a repéré Claire Lebrun, mère d’élève concernée, au sein de l’association Phobie Scolaire. Les symptômes évoluent selon l’âge. Les plus jeunes verbalisent moins et pour repérer leur souffrance, il faut être attentifs aux signaux faibles : l’enfant a des difficultés à s’endormir, ne veut pas aller en récréation, a besoin de sécurité, pleure souvent ou ne sourit pas.

  • Comment prévenir la phobie scolaire ? 

« La meilleure des préventions, c’est l'écoute », résume Basile Ollivier, co-président de l’Association nationale des psychologues de l’Enseignement catholique. Il faut également poser des questions car, selon lui, « les élèves en situation de refus scolaire anxieux sont souvent silencieux ». Céline Davril-Bavois l’a constaté avec son enfant. « Ils savent quand ils ne vont pas bien et parfois ils n’osent juste pas le dire. J’avais l’impression d’être proche de mes enfants, mais je ne suis pas allée chercher plus loin que leurs maux physiques ».

Forte de son expérience, elle encourage les parents à relâcher la pression : « Tout ne doit pas tourner autour de l’école. Les activités extra-scolaires, artistiques et sportives, sont également importantes, tout comme les relations amicales à entretenir en dehors du cadre scolaire ». Ce sont également autant de moyens de développer les compétences psychosociales des jeunes (sa confiance en soi, son empathie etc.), qui préviennent le refus scolaire anxieux. 

  • Lorsqu’un enfant est touché par le refus scolaire anxieux, y a-t-il un risque pour le reste de la famille ?

Le refus scolaire anxieux d’un élève peut entraîner des conséquences sur toute sa famille. Basile Ollivier met en garde les parents investis qui risquent de s’épuiser : « Je vois beaucoup de parents s’arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant, il faut aussi penser à soi ». Il est également important de veiller à vos autres enfants, selon Claire Lebrun. « Forcément, on va passer moins de temps avec nos autres enfants. Eux aussi peuvent avoir des soucis qu’on ne va pas forcément détecter, et au fil du temps, ils pourraient être en souffrance ». 

Qu’est-ce qu’un trouble scolaire anxieux ?

Refus scolaire anxieux, phobie scolaire ou empêchement scolaire… toutes ces expressions dénominent un même trouble qui touche 1 à 5% des adolescents. Selon la définition du neuropsychiatre Julian de Ajuriaguerra, « il s’agit d’enfants qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et résistent avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer ». Cela se traduit régulièrement par des symptômes physiques « tels que les maux de tête ou les douleurs abdominales », a listé Céline Davril-Bavois lors du rendez-vous de l’inclusion de l’Apel nationale le 11 décembre dernier. C’est ainsi que, pour son fils, « il est devenu impossible, en quelques semaines, de franchir les portes du collège ». 

Prochain rendez-vous de l'inclusion sur la place de l'enfant neuroatypique en classe le 22 janvier 2025 de 12h30 à 13h30, en ligne.

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