Enseignement catholique : l’avenir est dans le pro’
La voie professionnelle « est ce dont notre pays a besoin et ce à quoi les jeunes aspirent », martèle Guillaume Prévost, Secrétaire général de l’Enseignement catholique, qui en a fait une priorité lors de sa conférence de presse de rentrée, ce jeudi 10 septembre 2026. Aujourd’hui, 40 % du total des apprenants de l’Enseignement catholique, de la seconde au master, sont en voie professionnelle. Un chiffre en hausse constante de 2 à 3 % par an depuis 2020.
Attirer les plus jeunes et leurs parents
Réhabiliter l’image de la voie professionnelle, considérée comme une « voie de garage », commence, pour Guillaume Prévost, par le fait de susciter des vocations. L’Enseignement catholique souhaite multiplier les initiatives pour permettre aux élèves de découvrir des métiers manuels avant le lycée. Une expérimentation menée dans une trentaine de collèges devrait être déployée dans 300 établissements « sur les deux prochaines années », a annoncé le Secrétaire général.
Un projet dont se réjouit Virginie Durin, présidente nationale de l’Apel, qui « regrette la suppression de l’heure d’enseignement technologique en 6e, en 2023, qui avait cette vertu ». Elle aussi souhaite engager l’Apel nationale dans cette voie. Une piste, qu’elle envisage, serait d’ouvrir des établissements pendant les vacances scolaires pour faire découvrir des métiers aux élèves. « Cela résoudrait également les problèmes de garderie », souligne-t-elle. Virginie Durin est également consciente que l’Apel doit sensibiliser les parents d’élèves : « Ils sont souvent un frein à l’orientation en voie professionnelle car ils la connaissent mal s’ils n’en sont pas issus.»
S’ouvrir au monde extérieur
L’accent devrait être mis sur « l’utilité sociale » des formations professionnelles. Guillaume Prévost souhaite étoffer l’offre de formation dans les filières sociales. En effet, 250 000 postes dans ce secteur devraient être créés d’ici à 2030, d’après France Travail. Virginie Durin souligne également que la voie professionnelle permet d’accéder à de nombreux métiers liés aux enjeux environnementaux, qui séduisent les jeunes et sont porteurs de sens. Le Secrétaire général souhaite aussi développer les relations avec les entreprises et le secteur associatif.
Collaboration avec l’enseignement public
Pour répondre à l’enjeu de la baisse démographique qui menace de fermeture des classes et des écoles, Guillaume Prévost refuse le dos à dos et invite l’école publique à travailler ensemble. Quitte à envisager des « structures mixtes dans lesquelles les familles puissent trouver les projets éducatifs auxquels ils aspirent ». Virginie Durin se rejouit de cette conférence de presse qui met la voie professionnelle au coeur de ses préoccupations : « elle ne doit pas être une orientation par défaut, mais une voie choisie, exigeante, porteuse de sens, d’emploi et de réussite. »