Fermeture de Bétharram : ce que prévoit l’Enseignement catholique
Fermer le site de Bétharram
« On ne peut pas continuer à construire sur des ruines ». Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’Enseignement catholique (Fnogec) a détaillé, hier, en conférence de presse, les modalités de fermeture du site de Bétharram. Il abritait l’établissement, anciennement appelé Notre-Dame de Bétharram, visé par les plaintes de plus de 200 anciens élèves dénonçant y avoir subi des violences physiques, morales et sexuelles, entre les années 1960 et 1990.
Aujourd'hui, cet établissement est le collège de l'ensemble scolaire Le Beau Rameau. Ses 160 élèves seront ainsi déplacés sur un autre site situé à quatre kilomètres, où se étudient tous les autres élèves du Beau Rameau, de la maternelle à la terminale. Le coût de ce transfert est pour l’instant estimé entre 2 et 2,5 millions d’euros. En effet, il s’agira de reconstruire le gymnase et la cuisine centrale de l’ensemble scolaire, dont était équipé le site, mais aussi de reloger ses onze internes. On ne connait pas encore la date de fermeture du site et un calendrier devrait être détaillé d’ici mai ou juin prochain. Hélène Laubignat, présidente nationale de l’Apel a adressé sa confiance à la cheffe d’établissement du Beau Rameau, Edwige Duvieu, et a soutenu « la volonté de s’en sortir et d’avoir un réel projet pédagogique »
Restaurer la confiance des familles
L’Enseignement catholique a parallèlement annoncé le lancement d’une mission visant à « comprendre le passé, outiller le présent et être exigeant pour l’avenir », a expliqué Nathalie Trétiakow, adjointe au Sgec, aux manettes de ces travaux. Trois groupes de travail sont lancés. Hélène Laubignat fait partie du comité de pilotage de la mission aux côtés d’autres acteurs de l’Enseignement catholique. Un groupe témoin composé de victimes et familles de victimes ainsi qu’un collège scientifique doivent documenter les travaux et garantir leur indépendance.
Reconnaître la responsabilité de l’Enseignement catholique
« La dimension pénale, qui est un temps long, ne doit pas nous empêcher d’aller à la rencontre de notre responsabilité », a annoncé le Secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost. Plusieurs pistes ont été évoquées : réfléchir aux modalités de reconnaissance et de réparation des victimes, mais également à renforcer le suivi de la tutelle des établissements. La congrégation des Pères de Bétharram a déjà été déchue de sa tutelle sur le collège du Beau Rameau.
Auditer les internats
L’Enseignement catholique a assuré qu’il allait prochainement déployer l’audit de ses 596 internats. Une expérimentation, lancée dans quatre établissements, vient de s’achever et a permis d’établir un référentiel d’évaluation. Guillaume Prévost a également confirmé la décision de son prédécesseur, Philippe Delorme, de vérifier les casiers judiciaires B2 des 80 000 personnels des Ogec, notamment les surveillants d’internats et de cantine.