Engagé pour dire Stop aux violences : rencontre avec Pierre-Louis DEULOFEU, chef d’établissement
« L’ensemble des adultes encadrants au sein du lycée général et technologique de l’Institution Jean-Paul II sont impliqués pour faire face aux violences faites aux enfants. Le conseil éducatif et pédagogique (CEP), composé de mes trois adjoints, du responsable de la vie scolaire et de moi-même, s’est très vite transformé presque naturellement en conseil éducatif stop aux violences (CESV). C’est dans cette instance hebdomadaire que nous échangeons autour de la parole des élèves qui se sont exprimés librement sur des sujets délicats qui les concernent personnellement. Après chaque situation évoquée, nous prenons un temps de discernement et, en fonction de la gravité de la situation, un plan d’action est immédiatement mis en place et une procédure stricte est appliquée.
Selon les situations de violences vécues par les enfants, certains élèves ne souhaitent pas toujours que l’établissement propose un entretien aux parents, notamment lorsqu’il s’agit d’une violence intra familiale. Dans la plupart des situations rencontrées, nous proposons un entretien avec les parents et l’élève. Souvent perdus, certains parents reconnaissent qu’un problème existe même s’ils ne savent pas comment gérer la situation. D’autres restent dans le déni et peuvent parfois devenir agressifs ou violents verbalement envers le personnel de l’établissement, estimant que cela ne nous regarde pas.
Lorsqu’un élève évoque un acte de violence qui relève du pénal, nous n’hésitons pas à déclencher l’article 40 du code de procédure pénale. Quoi qu’il en soit, tout acte de violence rapporté par un élève fait l’objet d’une enquête interne. Selon les situations, nous nous adressons à la CRIP (cellule de recueil des informations préoccupantes), au commissariat de police ou bien au procureur de la République. Tous ces partenaires sont informés des événements qui surviennent au sein de notre établissement. Nous échangeons également avec la Direction diocésaine de l’Oise et avec la présidente de l’Apel. Dans le cadre d’un signalement d’un membre de la communauté éducative, le chef d’établissement est tenu à la plus grande confidentialité. Il ne m’appartient donc pas de communiquer des informations qui pourraient nuire ou ralentir l’enquête en cours. En revanche, il est primordial d’informer les parents pour les rassurer et leur indiquer la manière dont l’équipe va s’organiser afin d’assurer la continuité des activités en toute sécurité et dans l’apaisement. Il m’arrive d’être sollicité par le commissariat pour répondre à des questions, apporter des précisions sur des documents que j’ai écrits et transmis. J’insiste sur l’importance de la retranscription littérale de la parole de l’enfant sans porter le moindre jugement. Ce travail de pré-investigation permet aux autorités compétentes qui le demandent de transmettre des données fiables pour faciliter la poursuite de l’enquête. Cela demande beaucoup de temps et d’abnégation mais je le fais volontiers car c’est mon devoir de chef d’établissement et de citoyen chrétien fidèle à sa conscience. »
Une rencontre à retrouver dans Apel Infos n° 169 daté de janvier/février 2026
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