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Handicap : aider son enfant à s’insérer professionnellement

Angèle Delbecq - Famille & éducation

Trouver un stage, une alternance ou un emploi pour son enfant en situation de handicap est un véritable défi. À la suite rendez-vous de l’inclusion du 2 avril dernier sur l’insertion professionnelle des jeunes à besoins éducatifs particuliers, Juline Morel, référente à l’Arpejeh, et Delphine Regalasti-Multon, mère d’une jeune fille en situation de handicap, répondent à vos questions.

Des aménagements de poste sont-ils possibles en entreprise ?

L’entreprise est dans l’obligation légale de mettre en place des aménagements de poste pour un salarié en situation de handicap, selon la loi de 2005. Cela peut être du matériel adapté à ses besoins spécifiques, comme un casque anti-bruit, un clavier d’ordinateur en braille, des sièges ergonomiques… Elle peut également aménager ses horaires ou décomposer les tâches à accomplir. Enfin, le jeune travailleur ou stagiaire en situation de handicap peut être encadré, durant ses premiers mois dans l’entreprise, par un collègue formé. Ces aménagements « peuvent évoluer au fil du temps, selon les besoins », précise Juline Morel, référente à l’association Arpejeh, qui accompagne l’insertion professionnelle des jeunes en situation de handicap. Il est également possible de faire appel à une aide humaine extérieure à l’entreprise, via l’Agefiph ou Cap emploi. « Ce dispositif peut être adapté aux jeunes qui ont du mal à intégrer les codes professionnels, mais il est encore récent et assez peu développé en France. »

Une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est-elle obligatoire pour bénéficier d’aménagements de poste ou d’un accompagnement en entreprise ?

La RQTH sert justement à mettre en place des aménagements, mais les délais de traitement des dossiers par la MDPH peuvent être longs. « De deux mois à un an », précise Juline Morel. C’est pourquoi les entreprises prennent en compte la RQTH dès de dépôt du dossier. « L’Arpejeh peut déposer vos demandes de stage ou d’emploi simplement avec le récépissé de la MDPH disant que le dossier est en cours de traitement. »

Quelle est la réalité de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap ? 

Les entreprises de plus de vingt salariés ont l’obligation d’employer des personnes en situation de handicap à hauteur de 6% de leurs effectifs. « Pour atteindre ce quota, elles peuvent demander à l’État des aides au recrutement inclusif et à la mise en place d’aménagements », explique Juline Morel. C’est pourquoi, selon elle, faire une demande de RQTH « peut être un avantage pour un jeune en recherche de stage ou d’emploi ». Les entreprises veillent de mieux en mieux à l’inclusion, en nommant, par exemple, un référent handicap formé.

Toutefois, Delphine Regalasti-Multon, mère d’une jeune fille en situation de handicap, a constaté « une différence entre l’intention et la réalité » sur le marché du travail : « Les personnels sont de bonne volonté, mais ils ne sont pas toujours bien outillés pour accueillir un jeune en situation de handicap ». Selon Juline Morel, le monde de l’entreprise a encore une grande marge de progression : « Le handicap reste la première cause de discrimination au recrutement car il y a encore beaucoup méconnaissance des aménagements ». 

Comment trouver un emploi adapté à un jeune en situation de handicap ? 

Les associations dédiées aux personnes en situation de handicap relaient des offres d’emploi sur leur site internet, comme l’Agefiph, handicap.fr, ou encore #jenesuisPASunHANDICAP. Cette dernière organise également des salons de recrutement, tout comme l’association FindaJob. L’Arpejeh, partenaire de près de 150 employeurs et de l’Apel, accompagne également les jeunes en situation de handicap de moins de 30 ans, en recherche d’un emploi, d’un stage ou d’une alternance. 

Comment accompagner mon enfant en situation de handicap dans son insertion professionnelle ?

« Il faut l’encourager à faire le plus de stages possible », témoigne Delphine Regalasti-Multon. « C’est difficile, mais cela leur permet de mettre en adéquation ce qu’ils veulent faire et ce qu’ils peuvent réellement faire et de se rendre compte du rythme du milieu ouvert. Ils apprennent toujours quelque chose sur leur environnement, mais aussi sur eux-mêmes. » Le rôle des parents est également d’apprendre à son enfant à verbaliser ce dont il a besoin. Juline Morel remarque régulièrement que « beaucoup de jeunes n’ont pas envie de parler de leur handicap et de leurs besoins d’aménagement. Cela peut les mettre en difficulté ».

Y a-t-il des aides pour accompagner les jeunes handicapés entrepreneurs 

L’Agefiph propose une aide de 6 300 euros pour les personnes en situation de handicap qui souhaitent créer ou reprendre une entreprise. Chaque année, l’association H’up organise également un concours pour récompenser les entrepreneurs en situation de handicap. Les candidatures de l’édition 2026 sont ouvertes jusqu’au 17 mai.

Prochain rendez-vous de l'inclusion sur les besoins éducatifs particuliers et le numérique, 21 mai 2026 de 12h30 à 13h30.

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