Collège : aidez-le à travailler son oral

Qu’il s’agisse de présenter un exposé devant la classe ou de passer l’oral du brevet en fin de 3e, savoir s’exprimer est incontournable. Nos conseils pour réussir.

Peut-on prendre ses notes ?

Si votre enfant craint l’oubli, il est préférable qu’il arrive avec des notes. Il y aura inscrit le plan avec le titre de chaque partie et, pour chacune, des mots-clés placés les uns en dessous des autres. Pas de phrases rédigées pour éviter d’être tenté de lire son exposé.

 

Sourire pour convaincre :-)

Personne n’a envie d’écouter quelqu’un à l’air sinistre qui semble porter le poids du monde sur ses épaules. Si votre enfant a le trac, il doit s’efforcer de le maîtriser en se montrant actif et enthousiaste. 

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BIEN MAÎTRISER SON SUJET

Un oral ne s’improvise pas. On ne peut le réussir qu’à condition de s’y être bien préparé en amont. Pour aider votre enfant, vous pouvez commencer par lui demander de clarifier sa pensée : « Quand ton professeur vous fait un cours, il donne des informations que vous êtes censés comprendre et retenir. Et toi, que veux-tu que ton auditoire retienne de ta prestation ? Quelles idées, quelles connaissances as-tu envie de délivrer ? » Il peut alors établir une liste de mots-clés ou de questions auxquelles il devra répondre par ses recherches.

MENER UNE ENQUÊTE SOLIDE EN AMONT

Sauf s’il s’agit de restituer à l’oral une expérience vécue (par exemple, faire le compte-rendu de son stage en entreprise), votre enfant aura besoin de se documenter. Internet est une excellente source à condition de savoir s’en servir et, à ce stade, votre concours peut être précieux. Vous pourrez le conseiller pour repérer les sites fiables, l’inciter à croiser ses informations en en consultant plusieurs.

ASSIMILER L’INFORMATION

Les informations découvertes ne seront utiles à votre enfant que s’il parvient à se les approprier. Pas question donc qu’il se contente de surligner, sur les pages Web qu’il aura imprimées, les passages qu’il estime correspondre à son sujet. L’enjeu est tout autre : il s’agit, pour lui, de parvenir à les redire avec ses mots en étant capable de vous les expliquer. Et là, de nouveau, vous avez un rôle à jouer. Tant que vous n’aurez pas bien compris votre enfant, demandez-lui de recommencer.

FAIRE PREUVE DE CLARTÉ

L’auditoire n’accédera à son propos qu’à condition qu’il suive un plan logique. Guidez-le pour lui permettre de le bâtir : « Que vas-tu mettre dans ton introduction ? Combien de parties as-tu prévues et quels titres pourrais-tu leur donner ? Sur quoi vas-tu conclure ? » En agissant ainsi, vous lui permettrez de mettre de l’ordre dans ses idées.

L’ORAL AU BREVET

Il s’agit d’une épreuve de 15 minutes évaluée sur 100 points. Devant un jury de deux professeurs, l’élève présente, pendant 5 minutes, un des projets réalisés dans le cadre des enseignements pratiques inter- disciplinaires (EPI), sur l’un des parcours éducatifs (avenir, citoyen, éducation artistique et culturelle, santé) ou l’enseignement de l’histoire des arts. Ce projet peut être le stage en entreprise, une sortie pédagogique, une fonction occupée au collège (délégué ou élu au conseil de vie collégienne). Ensuite, pendant 10 minutes, il répond aux questions du jury.

RÉPÉTER

Comme s’il avait à jouer une pièce de théâtre, faites-lui faire des répétitions à la maison. Il peut commencer par s’exercer seul, dans sa chambre, devant sa glace ou en s’enregistrant en vidéo. Deuxième étape : vous-même ou les autres membres de la famille, devenez son auditoire. Grâce à votre regard bienveillant et néanmoins critique, vous pourrez mettre en évidence ses points forts et ceux qui doivent être améliorés. Profitez-en pour le rassurer. Dites-lui que le trac qu’il ressentira sûrement le jour J est normal, et même souhaitable, et qu’il s’envolera dès les premières paroles prononcées.

LES HUIT ERREURS À ÉVITER

1 Le candidat est face à deux professeurs : par timidité, il évite leur regard ou bien n’en regarde qu’un seul, tout au long de sa prestation. Si c’est un exposé, il a les yeux rivés sur quelques camarades au lieu de balayer son auditoire du regard.

2  Parce qu’il est mal à l’aise, il se balance sur ses pieds, se tord les mains, les garde dans son dos ou dans ses poches au lieu de s’en servir pour animer son discours.

3  Il débite son exposé d’une voix fade et monocorde, donnant l’impression de ne pas croire à ce qu’il raconte. 

4  Il est difficile à comprendre car il articule mal ou parce que son débit est trop rapide.

5 Au lieu de parler avec naturel, quitte à bafouiller de temps en temps, il lit des notes ou ânonne, les yeux
au plafond, un texte qu’il a appris par cœur.

6 Son registre de langage n’est pas adapté : il utilise des mots familiers, tronque les négations.

7 Il manque de précision en abusant de mots tels que « ça », « chose », « personne ».

8 Il prononce des mots compliqués qu’il ne maîtrise pas et dont il sera incapable de donner la signification si on la lui demande. 

Lise DUPAS