Et si mon enfant était harceleur ?

« Mon fils Jules, 7 ans, est bagarreur et joue au chef dès qu’il est en groupe... Sans état d’âme, il divise pour mieux régner. Comment faire pour éviter qu’il devienne harceleur ? »

EXPERT CATHERINE VERDIER, PSYCHOLOGUE

Pour qu’un enfant crée avec ses camarades des relations saines sans chercher à nuire, il doit avoir une bonne estime de lui-même et faire preuve d’empathie. Bien souvent, les harceleurs se sentent inférieurs et, pour être forts et gagner en popularité, ils ont besoin de rabaisser les autres. L’idée est donc d’aider son enfant à s’aimer et à être fier de lui dès le plus jeune âge. En l’encourageant, en le félicitant dans ses apprentissages, en lui consacrant une écoute attentive, sans minimiser l’importance de ses soucis. Des gestes affectueux, des mots gentils feront de lui un petit être bien dans sa peau. Être capable d’éprouver ce que l’autre ressent peut éviter à un enfant de devenir harceleur. Il n’aura pas envie de faire subir à son prochain ce que lui-même ne pourrait supporter. L’empathie se transmet essentiellement par l’exemple donné par nous, parents, comme partager sa baguette avec un SDF à la sortie de la boulangerie, laisser notre place dans le bus...

« Lucas, 13 ans, passe beaucoup de temps sur les écrans et sur les réseaux sociaux. Il a un smartphone et sait parfaitement déjouer notre attention. Je crains le cyberharcèlement .»

EXPERT JUSTINE ATLAN, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’ASSOCIATION E-ENFANCE

Il n’y a pas d’outils vraiment efficaces contre le cyberharcèlement. En revanche, on peut aider son ado à s’en protéger. Avant toute chose, on doit lui conseiller de réfléchir avant de publier. « A-t-il vraiment envie de rendre public son message ? Ne craint-il pas les moqueries ? Sera-t-il toujours capable de l’assumer devant tout le monde ? » Rien ne s’efface sur Internet, même sur Snapchat dont le contenu est pourtant éphémère. On s’informe sur ses applis préférées (Tik Tok, YouTube et Instagram) et la manière dont il les utilise. « A-t-il limité l’audience de ses publications, caché sa liste d’amis... » En parler avec lui de façon naturelle permet d’avoir des discussions régulières sur les usages numériques et ses dérives. Avec les plus jeunes, jusqu’à 12 ans inclus, on met en place un contrat. « Ok, tu peux utiliser Snapchat mais à la condition de me donner ton mot de passe pour pouvoir vérifier de temps à autre que tout va bien. »

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