Anglais, espagnol, allemand : les élèves français sont-ils à la traine ?
En anglais, le niveau progresse mais reste fragile
Le niveau d’anglais des élèves de 3e a nettement augmenté depuis 2010, année de la réforme de l’apprentissage des langues. Cette hausse s’est toutefois ralentie entre 2016 et 2022, en compréhension de l’oral comme de l’écrit. L’écart de niveau entre les élèves selon leur milieu social s’est également resserré : les élèves les moins favorisés ont progressé tandis que le niveau des élèves plus favorisés est resté stable. Toutefois, les résultats restent insuffisants à la fin du collège. Seuls 42 % des élèves de troisième ont le niveau A2 en compréhension de l’écrit.
À l’échelle internationale, il serait exagéré de dire que les Français ont un mauvais niveau d’anglais, comme on l’entend souvent. L’organisme EF, qui encadre des séjours linguistiques, mesure chaque année le niveau de compétences en anglais. Les Français sont classés 38e sur 123 pays. Dans cette évaluation, c’est l’expression orale qui pèse sur le score. De nouveau indicateurs seront bientôt disponibles puisque l’étude Pisa, à paraître le 8 septembre prochain, analysera pour la première fois le niveau des élèves de 15 ans en anglais. À suivre.
Autre point intéressant révélé par la Depp, l’organisme statistique de l’Éducation nationale : que ce soit en anglais, en espagnol ou en allemand, les filles ont de meilleurs résultats que les garçons.
L’espagnol continue de faire de l’ombre à l’allemand
En 2024, moins de 18 % des élèves apprenaient l’allemand et près de 75 % l’espagnol. Un fossé qui continue de se creuser, puisque, depuis 2010, l’allemand a perdu 4,5 points de pourcentage et l’espagnol en a gagné 8,5. Et le niveau des élèves suit cette tendance. Celui des germanistes a baissé depuis 2004, tandis que celui des hispanophones est resté stable, voire à légèrement augmenté en compréhension de l’écrit depuis 2010. Résultat : désormais, seuls 30 % des germanistes en 3e ont le niveau A2 en compréhension de l’oral et 24 % en compréhension de l’écrit. Ils sont respectivement 55 % et 46 % en espagnol.
Les lycéens boudent la LV3
Le nombre de lycéens de la voie générale et technologique qui pratiquent une troisième langue vivante a baissé de moitié. Ils étaient près de 7 % en 2010 et n’étaient plus que 3,3% en 2024, principalement en voie générale. Ce décrochage s’expliquerait par la réforme du baccalauréat général, car elle « ne permet de prendre une LV3 qu’en option facultative, c’est-à-dire en supplément des enseignements de spécialité. », selon la Depp.
À noter que les langues régionales ont la cote, particulièrement à l’école primaire. Les effectifs d’élèves qui apprennent une langue régionale ont progressé de 47% depuis 2021 et la loi Molac, pour renforcer la transmission de ce patrimoine. La langue régionale la plus pratiquée est l’occitan, qui rassemble un peu plus de 26 000 élèves.
Rentrée 2026 : un nouveau programme pour les langues vivantes
Un nouveau programme de langues vivantes étrangères au collège et au lycée général et technologique se met progressivement en place depuis la rentrée scolaire 2025. Cette rentrée 2026, c’est au tour des élèves de 5e, de 1re et de terminale. Les élèves de 4e seront concernées à la rentrée 2027 et ceux de 3e en 2028. Les élèves de 6e et de 2nd en bénéficient déjà.
Ce nouveau programme est pensé pour être plus progressif. Les objectifs sont désormais définis année par année et plus cycle par cycle. Il relève également le niveau attendu. Autre nouveauté, les niveaux attendus en fin de collège et de lycée : Niveau B1 en fin de 3e, et non plus A2, et niveau B2 en fin de terminale.
À lire également
Découvrez tous les articles