Les grandes dates du combat pour l'environnement

À la lumière de ce qui se joue pendant cette pandémie, en attendant le congrès national de l’Apel en décembre prochain, prenons le temps d’un tour d’horizon. Plus que jamais, il est urgent de prendre conscience de la fragilité de l’homme et de la planète.

COVID-19

Depuis 2003 et le SRAS, nous savons qu’une pandémie liée à un coronavirus est possible et constitue un risque. Quatre épidémies et 17 ans plus tard, le risque est devenu réalité. Aucune région de la planète n’échappe au Covid-19. Les premiers cas sont apparus en novembre 2019, en Chine, à Wuhan. L’OMS a prononcé l’état d’urgence de santé publique le 30 janvier suivant. Sur la façon dont le virus s’est propagé à l’homme les études sont encore en cours et aucune certitude ne se dégage. Si ce n’est celle que l’homme est seul responsable de la propagation d’agents infectieux émergents de l’animal à l’homme, notamment à cause des interactions qui sont de plus en plus fréquentes et fortes entre l’homme et les écosystèmes naturels. Une plus forte promiscuité entre les animaux sauvages et d’élevage, le transfert d’animaux hors de leur zone d’habitat, l’urbanisation massive, la déforestation des zones inter-tropicales... sont autant de facteurs de la transmission à l’homme de germes microbiens.

Journée de la Terre 22 avril

La journée de la Terre est célébrée depuis le 22 avril 1970. Le sénateur américain Gaylord Nelson, son initiateur, encourage alors les étudiants à mener des projets de sensibilisation à l’environnement.

YOUTH FOR CLIMATE

Le 15 mars 2019 la première grève planétaire pour le climat, à l’initiative de Youth for Climate et Greta Thunberg, rassemble plus de 2 millions de jeunes, dans 125 pays. Le mouvement est lancé et, partout dans le monde, la jeunesse alerte sur le réchauffement climatique, s’élève contre l’inaction des gouvernements les exhortant à agir. De nombreuses voix de jeunes se font entendre comme celles de Ralyn Sadidtanasarn, en Thaïlande, Lisa Neubauer, en Allemagne, Bruno Rodriguez, en Argentine, Wanjuhi Njoroge, au Kenya, ou encore Adelaïde Charlier, porte-parole belge de Youth for Climate qui dira lors du Sommet de l’ONU, le 23 septembre 2019 : « Si les jeunes sont dans la rue aujourd’hui, c’est parce que nous avons perdu beaucoup trop de temps. Nous (...) rappelons que si la transition coûte en effet cher, le prix de l’inaction sera encore beaucoup plus élevé. »

RAPPORT MEADOWS PLUS DE 40 ANS DÉJÀ

Publié en 1972, The limits of growth (Titre original) est le fruit d’un travail de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology), dont Denis Meadows. Ce rapport a été commandé par le Club de Rome, qui souhaitait envisager l’évolution du monde et étudier jusqu’où la croissance pourrait aller. Les conclusions sont sans appel : une croissance matérielle sans limite conduira inévitablement à un « effondrement » du monde vers 2100. Par effondrement le rapport entend chute brutale de la population et pour la population restante une dégradation importante du niveau de vie.

LA LENTE PRISE DE CONSCIENCE INTERNATIONALE

1988 Le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, IPCC en anglais) est créé.

1990 Dans son premier rapport, le GIEC prévoit un réchauffement possible à 3° d’ici à 2050.

1992 Sommet de la Terre à Rio. Les politiques commencent à entendre les alertes des scientifiques et instaurent une convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) qui reconnaît trois grands principes : principe de précaution, principe de responsabilité commune mais différenciée (tous les pays ne portent pas les mêmes responsabilités), et le principe du droit au développement.

1995 1re COP, à Berlin, durant laquelle la Convention cadre des Nations Unies est signée. Aucune décision concrète cependant, mais la prise de conscience qu’il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines.

1997 Le Protocole de Kyoto fixe l’objectif à atteindre de -5,2 % des émissions de gaz à effet de serre. 37 pays s’engagent dans ce processus. À cette époque les pays émergents, dont la Chine fait alors partie, font valoir leur droit au développement avant la question climatique, et ce d’autant plus qu’ils ne sont pas les plus pollueurs. En 2005, lors de son entrée en vigueur, 193 pays le ratifieront. En 2006, la Chine est alors devenue le 2e pays le plus pollueur avec 5,6 milliards de tonnes de CO2 émises par an.

2015 COP 21, à Paris, marque un autre tournant de la reconnaissance. La communauté internationale s’engage, dans les Accords de Paris, à limiter à 1,5° le réchauffement climatique, à une neutralité carbone. Les pays du Nord s’engagent à verser 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud pour les aider à accélérer le développement de leurs politiques climatiques.

2017 le 1er juin, Donald Trump retire son pays des Accords de Paris. Certains états comme la Californie ou New- York disent continuer de les appliquer. La Chine est devenue le 1er investisseur mondial en énergies renouvelables.

2018 Le GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : les objectifs des Accords de Paris non seulement ne sont pas atteints, mais l’augmentation est déjà de 1 % et le seuil des 1,5 % sera franchi en 2030 si rien n’est fait. À SUIVRE...

SYLVIE BOCQUET ET CLAIRE ALMÉRAS

Ajouter un commentaire

Les réactions à cet article (0 commentaire)

    Soyez le premier à laisser un commentaire.

Voir plus de commentaires