Istock

Quelles langues étrangères choisir pour se démarquer sur le marché du travail ?

Angèle Delbecq - Famille & éducation

Les compétences linguistiques sont valorisées dans de nombreux secteurs d’activité. Valérie Delfandre, conseillère d’orientation au CIDJ, et François Grin, professeur à l’université de Genève, spécialisé en économie du multilinguisme, donnent les clés pour accompagner son enfant dans le choix de ses langues vivantes.

L’anglais est indispensable mais ne suffit plus

Maîtriser l’anglais est « nécessaire » dans de nombreux secteurs d’activité, « mais à mesure que cette compétence se diffuse, elle tend aussi à se banaliser », selon François Grin, professeur à l’université de Genève. Puisque l’anglais ne suffit pas, il recommande d’apprendre « une langue supplémentaire pour donner un profil à son CV ».

Une LV3 peut permettre de se démarquer

L’Allemand est une langue de référence à l’échelle européenne et peut être particulièrement utile pour travailler dans les institutions de l’UE. Mais les jeunes français boudent la langue. L’espagnol, au contraire, est très usité. 1038 élèves de terminale ont candidaté en licence LEA anglais-espagnol à l’université de Tours en 2025 et 169 ont été acceptés. À titre de comparaison, 264 élèves ont candidaté en filière anglais-chinois et 195 en anglais-allemand. Même si 21 pays autour du globe sont hispanophones, les élèves qui choisissent le binôme anglais-espagnol risquent donc de peiner à se différencier. « Il vaut mieux se démarquer avec une troisième langue », recommande Valérie Delfandre, conseillère d’orientation au CIDJ. Dans tous les cas, la pratique d’une LV3 est, selon elle, « un véritable atout ».

Il n’existe pas de langue idéale par secteur d’activité

Apprendre le japonais pour exercer un métier de la robotique, le chinois pour l’intelligence artificielle, l’arabe pour travailler dans la diplomatie… Certains rapprochements entre une langue et un choix d’orientation semble évidents. Mais la réalité n’est pas si systématique. « Les recruteurs ne nous fixent pas tellement de contraintes. Ils recherchent souvent des équipes polyglottes et recrutent des profils variés. Leur choix se fait aussi en fonction de leurs partenaires à l’étranger », témoigne la conseillère d’orientation. François Grin et Valérie Deflandre déconseillent également de calibrer une stratégie à cause de l’imprévisibilité du monde. Selon elle, « un conflit peut rebattre les cartes de la géopolitique » et de l’importance des langues dans le monde.

Les recruteurs recherchent souvent des équipes polyglottes et recrutent des profils variés.

Valérie Delfandre, conseillère d’orientation au CIDJ

Bien maîtriser une langue étrangère éloignée du français peut contribuer à rendre un profil plus rare. La difficulté d’apprentissage peut également devenir un facteur de différenciation. « L’arabe est une langue exigeante ; le chinois, le japonais et le coréen encore plus. Vous êtes encore plus rare et votre profil ressort », souligne François Grin.

L’attrait pour la culture fait la différence

« De plus en plus, ce que les recruteurs recherchent, ce sont les personnes qui ont les codes du pays, qui connaissent sa culture et pas uniquement la langue », témoigne Valérie Deflandre. « C’est pourquoi je préfère orienter les jeunes vers une langue pour laquelle ils ont une véritable motivation culturelle ». Dans le cas où la situation géopolitique évolue, « l’élève ne se dira pas qu’il a appris une langue pour rien si elle est en perte de vitesse ». Un conseil auquel François Grin s’associe. Il conclut : « L’idéal est de faire converger le plaisir personnel et la possibilité de gain financier. Le plaisir est plus facile à garantir ».

Le français a-t-il de la valeur sur la scène internationale ?

Multiplier les langues est un atout, notamment si on maîtrise une langue peu parlée en France. Il ne faut cependant pas délaisser le français. Pour François Grin, « la France bénéficie toujours de ce qu’on appelle le “soft power” », un rayonnement culturel dans le monde. « Le français donne alors accès à un éventail de métiers élevés », notamment dans le secteur de la culture, précise Valérie Deflandre.

À lire également

Découvrez tous les articles