Faut-il décaler le début des cours à 9h au collège et au lycée ?
« À la puberté, […] l’horloge biologique interne des adolescents se décale […] d’une à trois heures par rapport à celle des enfants ou des adultes » selon une tribune, publiée hier dans Le Monde, cosignée par l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Anne Genetet et plusieurs médecins spécialistes du sommeil. Résultat, l’adolescent se couche plus tard et n’est « pas capable de mobiliser à 8h ses capacités attentionnelles, sa mémoire de travail ou son raisonnement ».
Le conseil scientifique de l’Éducation nationale a remarqué que les adolescents ne se coucheraient pas forcément une heure plus tard si le début de leur journée de cours était décalé à 9h. Des effets positifs sont mesurés : « allongement moyen du temps de sommeil, diminution de la dette accumulée effets positifs mesurés sur la vigilance, le comportement et l’anxiété », est-il déclaré dans la tribune. Cela améliorerait donc leur santé physique et mentale et favoriserait les apprentissages.
Cependant, retarder l’horaire de début des cours ne pourra se faire sans de nombreux changements d’organisation sociale. « Cette question doit aussi tenir compte d’autres réalités que la seule biologie des enfants : l’organisation de la vie familiale, les horaires de travail des parents, des transports scolaires, l’organisation du temps scolaire et périscolaire… C’est un chantier qui n’est pas simple à mener », remarque Hélène Laubignat, présidente nationale de l’Apel. Avant d’envisager cette mesure, il faudrait, selon elle, s’assurer que les jeunes sont suffisamment sensibilisés à l’importance du sommeil et aux effets délétères des écrans, mais aussi que tous ont accès à des activités périscolaires pour se dépenser et mieux dormir.