L’Apel participe à la consultation sur Parcoursup pour répondre au mouvement lycéen
L’Apel, l’organisme d’enseignement supérieur de l’Enseignement catholique RenaSup, mais encore des associations et syndicats de lycéens et d’enseignants du secteur public participent à la « concertation flash », lancée hier par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace pour répondre aux revendications des lycéens concernant la plateforme Parcoursup et leurs inquiétudes liées à leur avenir. Trois groupes de travail devraient apporter des réponses à partir du 26 octobre prochain. Objectif : apaiser les tensions et rouvrir les quelque 200 lycées fermés avant les vacances de la Toussaint.
Parcoursup en cause ?
Un premier groupe de travail est consacré à l’outil Parcoursup, que les lycéens revendicatifs demandent d’abroger. « C’est un totem à faire tomber, un signe d’injustice », selon Pierre Sourzat, président de l’association Les Lycéens !, une association de lycéens du public, desquels les élèves scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat se sont dit solidaires. Cette solution est la moins réaliste étant donné le temps imparti pour trouver une alternative opérationnelle d’ici au 18 janvier, date d’ouverture de la plateforme. Pierre Sourzat reconnait néanmoins que « ce système qui centralise l’offre et la demande est intéressant ».
Parcoursup n’est que le messager des mauvaises nouvelles, selon Jean-Marc Petit, délégué général adjoint de RenaSup : « combien de fois n’entend-on pas : « je n’ai pas été pris à cause de Parcoursup » et non « parce que la formation n’a pas retenu ma candidature ». Un point de vue partagé par la présidente nationale de l’Apel, Virginie Durin, pour qui la plateforme devient alors « le bouc émissaire de toutes les frustrations scolaires ». Des voies d’amélioration de Parcoursup sont alors étudiées. Pour que les lycéens comprennent pourquoi leur candidature a été refusée, comme ils le demandent, les critères précis de sélection des dossiers pourrait être rendus publics par les établissements d’accueil. La part d’élèves ayant reçu au moins une réponse positive a légèrement diminué cette année, passant de 91,5 % contre 93,5 % en 2025, selon le dernier baromètre Parcoursup publié cette semaine. D’autres pistes sont sur la table pour améliorer la lisibilité et la clarté de la sélection des filières pour les familles et les lycéens.
Agir en amont et en aval de l’orientation
Virginie Durin entend, dans les revendications anti-Parcoursup, de profondes inquiétudes liées à l’orientation en général. « Les lycéens sont en colère contre la façon dont leur orientation intervient très tôt dans leur scolarité, dès la seconde, mais aussi par rapport à leurs perspectives d’emploi après leurs études ». C’est pourquoi un autre groupe de la « concertation flash » travaille sur l’après-orientation et un troisième sur l’accompagnement des jeunes dans leur choix d’orientation. Il y sera notamment question d’étudier comment donner plus de temps à l’orientation dans un emploi du temps déjà chargé. Aujourd’hui, 54 heures sont consacrées à l’orientation « à titre indicatif, selon les besoins des élèves et les modalités », précise-t-on le ministère de l’Éducation nationale.
Le rôle des parents est essentiel : 78 % des élèves de terminale consultent leur famille et leurs proches pour obtenir des conseils sur leur projet d’orientation, selon le baromètre Parcoursup. C’est pourquoi, chaque année, l’Apel propose notamment des webinaires pour donner aux parents les clés pour accompagner leur enfant dans ses démarches.
Des réponses à moyen et long terme continueront d’être proposées au-delà du 26 octobre prochain, selon le ministère. Toutefois, Les Lycéens ! craignent que l’issue de la concertation soit jouée d’avance : « nous avons l’impression que la balle est dans le camp du gouvernement et que nous sommes infantilisés ».