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Pisa 2025 : la dégringolade continue pour les élèves français

Angèle Delbecq - Famille & éducation

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Le niveau de mathématique et de lecture des élèves de 15 ans a baissé dans la plupart des 81 pays qui ont participé à la dernière étude Pisa, menée par l’OCDE tous les trois ans. Le numérique, le rapport à l’effort et la communication avec les parents figurent parmi les pistes avancées pour expliquer cette baisse.

  • Décrochage des résultats en mathématiques et en lecture

L’OCDE espérait que la crise sanitaire pourrait être seule responsable de la baisse générale des résultats des élèves au test Pisa 2022. Cette chute s’est finalement accentuée en 2025, particulièrement en mathématiques et en compréhension de l’écrit, d’après les résultats de la nouvelle étude, Pisa 2025, révélée ce matin. Depuis 2022, les élèves français restent sous la moyenne de l’OCDE et ont perdu 16 points en mathématiques et 18 points en compréhension de l’écrit. « L’un et l’autre sont très liés, explique Éric Charbonnier, analyste à l’OCDE. Si on a des difficultés en compréhension de l’écrit, on aura du mal à comprendre les énoncés de mathématiques ». En sciences, où l’enseignement est plus technique, les résultats se maintiennent. Ils baissent légèrement, mais bien moins que la moyenne de l’OCDE. 

  • Le désintérêt des parents est pointé du doigt

L’étude Pisa 2025 montre également que les parents s’intéressent de moins en moins à la scolarité de leur enfant, quel que soit le milieu social de l’élève ou le type d’établissement qu’il fréquente. Seuls 63 % d’entre eux indiquent que leurs parents leur demandent au moins une fois par semaine ce qu’ils font pendant leur journée à l’école. Ils étaient 74 % en 2022. De même, 34 % seulement des adolescents parlent avec leurs parents des problèmes qu’ils rencontrent à l’école au moins une fois par semaine, contre 48 % en 2022. Pourtant, « le niveau de soutien actif des parents peut avoir un effet décisif » sur la performance des élèves, souligne le rapport Pisa. « Sans doute que le téléphone – celui des parents, cette fois – n’y est pas pour rien », a supposé Édouard Geffray dans son entretien au Monde. Éric Charbonnier évoque également la situation économique et géopolitique actuelle, « tellement tendue que cet échange est moins une priorité pour les parents ». Autre hypothèse avancée par l’analyste : « L’école est peut-être plus considérée comme un bien de consommation pour les parents. Ils lui donnent la responsabilité de fournir des résultats sans penser que leur rôle est fondamental ».

  • Des élèves moins attentifs

Les élèves passent le test Pisa avec moins de rigueur. « Si l'énoncé a plus de 400 mots, ils ont beaucoup moins bien réussi en 2025 qu'en 2018. De même si les questions demandent de réfléchir, d’évaluer, d’ouvrir plusieurs sources de documents », a observé Éric Charbonnier. Résultat, entre 2018 et 2022, la proportion d'élèves qui répondent au test trop rapidement, donc de manière erronée a doublé. Pour l’expert, cette donnée est significative : « le rapport des élèves à l’effort a changé ».

  • La place des outils numériques à l’école interroge

L’utilisation de l’intelligence artificielle interroge. Selon Éric Charbonnier, « les élèves qui réussissent le mieux à Pisa sont ceux qui n’utilisent pas ou peu l’IA, sauf lorsqu’ils s’en servent pour apprendre. » De manière générale, dans les pays de l’OCDE, un élève sur trois est distrait par un outil numérique en cours de sciences. Ils obtiennent en moyenne 11 points de moins dans cette matière. En France, cet écart atteint 24 points. Pour le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, interrogé aujourd’hui par Le Monde, ces résultats « justifient rétrospectivement l’interdiction du téléphone portable au lycée et des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ».

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